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Pierre Moscovici: la France ne peut "rien faire seule"

ECONOMIE | Mis à jour le jeudi 17 mai 2012 à 11h35

  • Le nouveau ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici a déclaré jeudi en prenant ses fonctions à Bercy que l'Europe serait son dossier prioritaire, de la "crise grecque" à la "réorientation de la construction européenne" en faveur de la croissance.

    "Ce nouveau gouvernement a aussi pour tâche de mettre en oeuvre le changement" voulu par le président François Hollande, a cependant ajouté Pierre Moscovici. "Nous sommes conscients qu'on ne peut rien faire seuls", a-t-il ajouté lors de la passation de pouvoirs avec le ministre sortant François Baroin.

    "Nous avons besoin de travailler avec tous nos partenaires", "d'abord l'Allemagne" mais "nous devons le faire aussi dans le plein respect des institutions européennes", a-t-il expliqué.

    Il a également affirmé que "la dette publique est un ennemi" pour la France et a souligné que le gouvernement devrait "réduire les déficits".

    Interrogé par la presse à l'issue de la cérémonie sur le premier dossier qu'il aura à traiter, Pierre Moscovici a répondu: "Le dossier européen qui nous attend". "La crise grecque qui est là, la zone euro qu'il faut conforter, la construction européenne qu'il faut réorienter", a poursuivi l'ex-directeur de campagne de François Hollande, se présentant comme un "Européen convaincu".

    "C'est cette dimension là qui sera au coeur de mon action dans ce ministère", a-t-il insisté.

    Le nouveau ministre socialiste a toutefois assuré être "conscient de la situation des finances publiques du pays", s'engageant à poursuivre le désendettement tout en réalisant les "réformes fiscales" promises par le chef de l'Etat.

    Le traité budgétaire "pas ratifié" par Paris sans "volet de croissance"

    Le nouveau ministre de l'Economie, Pierre Moscovici a réaffirmé jeudi que la France ne ratifierait pas le traité européen de discipline budgétaire qu'elle a signé si un volet de croissance n'y était pas adjoint.

    "Ce qui a été dit de manière claire, c'est que le traité ne serait pas ratifié en l'état et qu'il faudrait le compléter par un volet de croissance, par une stratégie de croissance", a déclaré Pierre Moscovici sur BFMTV, rappelant la position exprimée à de nombreuses reprises par le président François Hollande.

    "Il faut réorienter la construction européenne, non pas pour tourner le dos à la responsabilité budgétaire", a affirmé Pierre Moscovici. "Je veux dire les choses de manière très claire: François Hollande l'a toujours dit, il faut que nous combattions la dette publique, que nous réduisions les déficits, que nous sécurisions la situation de la France", a-t-il poursuivi. "C'est fondamental: un pays qui s'endette c'est un pays qui s'appauvrit", a-t-il martelé, à quelques heures du premier conseil des ministres du gouvernement français nommé mercredi soir.

    Pierre Moscovici a par ailleurs réaffirmé que Paris souhaitait le maintien dans la zone euro de la Grèce. "Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro", a-t-il déclaré. "Nous le souhaitons fortement parce que la Grèce est membre de l'Union européenne, parce que la zone euro est une zone qui est unie, elle ne peut pas se défaire", a-t-il ajouté.

    Lors de leur première rencontre le 15 mai à Berlin, François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel avaient affiché leur unité sur cette question.

    AFP

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