Manger coûtera plus cher: relisez le chat avec Peter Haegeman

Manger deviendra-t-il un luxe ?
Manger deviendra-t-il un luxe ? - © AFP PHOTO/Jewel Samad
Rédaction RTBF

C'est désormais une certitude: légumes, viande et produits laitiers coûteront plus cher cet hiver. En cause, les mauvaises conditions météo. Mais pas seulement. Nous en avons parlé avec Peter Haegeman, le chef économiste de Comeos, la fédération de la distribution. Relisez le chat ci-dessous.

Les pommes de terre n'ont plus la frite: 40% d'augmentation cette année pour les tubercules victimes d'un printemps trop sec et d'un été pourri. Les légumes eux aussi sont dans les choux, avec des hausses atteignant 12%. Pas mieux pour les fruits, annoncés peu nombreux...

Par temps de crise, manger deviendrait-il un luxe ? Comment les distributeurs s'adaptent-ils ? Quelles perspectives à plus long terme ? Nous en avons parlé avec le chef économiste de la puissante fédération des entreprises de commerce et de distribution, Peter Haegeman.

Pour lui, les marges des distributeurs sont déjà très basses en Belgique. "C'est plutôt au niveau des coûts qu'il faut travailler : charges sociales, transports, énergie, réglementations strictes ...", explique-t-il. Il rappelle que la part de l'alimentation dans le budget des ménages est passée de 20% il y a quelques décennies à 12% aujourd'hui. Les consommateurs, dit-il, ont fait des choix et consacrent des parts de plus en plus importantes de leur budget à d'autres produits ou services que l'alimentaire. Pour Peter Haegeman, cela a donc un impact sur les prix via la concurrence.

Pour l'économiste de Comeos, la tendance restera vraisemblablement orientée à la hausse : "La réforme de la politique agricole commune de l'UE et la croissance des économies émergentes vont exercer indubitablement une pression à la hausse sur les prix alimentaires, ainsi que d'en accroître la volatilité. C'est tout un débat de société. C'est aussi la raison pour laquelle on se parle souvent, agriculture, industrie alimentaire, commerce, pour voir comment, ensemble, on peut s'adapter à cette nouvelle donne. Une problématique passionnante!", dit-il.

Reste que les consommateurs ont davantage le choix aujourd'hui de se tourner vers d'autres modes de consommation. Plusieurs internautes ont ainsi évoqué les "circuits courts", pour tenter de limiter le nombre des intermédiaires et les coûts de transport, de stockage, etc.

T.N.


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