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Des réserves de pétrole disponibles jusqu'en 2053. Et après?

ECONOMIE | Mis à jour le jeudi 8 décembre 2011 à 7h02

  • "Un jour, il n'y aura plus de pétrole". Oui, mais pas tout de suite: les réserves mondiales d'or noir ont gonflé ces dernières années et la tendance devrait se poursuivre, selon les industriels, même si la production, elle, risque d'avoir du mal à suivre.

    "Dire à quelqu'un qu'il va mourir n'est pas une prédiction, c'est une tautologie. Ce qu'il veut savoir, c'est quand, et comment", résume Nasser Al Jaidah, le PDG de la compagnie Qatar Petroleum International, lors du Congrès pétrolier mondial de Doha qui s'est penché sur la question.

    Sur un coin de table, le calcul est très simple: les réserves mondiales de pétrole -prouvées- étaient de 1383 milliards de barils fin 2010, selon la BP Statistical Review. L'an dernier, il s'en est brûlé 31,9 milliards. Une division et le verdict tombe: en 2053, le monde sera à court de pétrole.

    Trop simple, évidemment. D'autant qu'en 2000, le même calcul donnait pour résultat... 2040. Autrement dit, en dix ans, le monde s'est offert 13 années de plus à pomper sa dose d'huile préférée.

    Si des gisements anciens s'épuisent, le monde pétrolier a désormais les yeux braqués sur l'Arctique, les eaux profondes du Brésil, du Golfe du Mexique, du Golfe de Guinée mais aussi sur l'Afrique de l'Est ou sur les sables bitumineux du Canada. À lui de convaincre que ces "nouveaux horizons" sont aussi ceux de l'humanité...

    "Il faut bien se rappeler que de grandes parties du globe n'ont jamais été explorées, même dans de grands pays pétroliers comme l'Iran ou l'Arabie saoudite", souligne Noé Van Hulst, le secrétaire général du Forum énergétique international (IEF).

    En outre, on ne sait pour l'heure extraire que 35% du pétrole d'un gisement, ce qui pourrait changer en cas de percée technologique. "Et chaque pourcent de plus, c'est deux années de consommation supplémentaires".

    "Un point d'interrogation"

    Avant de se risquer à calculer une date de "déplétion" (l'épuisement des réserves en anglicisme pétrolier), les experts de l'or noir, des industriels aux environnementalistes, se penchent sur celle du "peak oil", le pic pétrolier où la production atteindra son niveau maximal.

    A Doha, le PDG de Total, Christophe de Margerie, a expliqué que le groupe prévoyait que la production de pétrole brut plafonne à 95 millions de barils par jour (contre 82 millions l'an dernier) au cours de la décennie 2020-2030.

    La suite, "c'est un point d'interrogation", concède-t-il, tout en se disant optimiste. "Il y a beaucoup de ressources, le problème c'est d'extraire les ressources", a résumé le patron français.

    A chercher toujours plus profond, dans des zones toujours plus inhospitalières, avec des technologies toujours plus complexes, les coûts explosent. "C'est la fin du pétrole bon marché", reconnaît Christophe de Margerie.

    "Est-ce qu'à la place du 'peak oil', il ne faut pas parler plutôt de 'peak money' ("pic d'argent")", s'interroge à Paris Claude Landil, ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

    "On a du pétrole, on a du gaz, mais on n'a plus l'argent pour aller le chercher".

    L'AIE, le bras énergétique des pays développés, estime en effet à la somme inconcevable de 38 000 milliards de dollars (27 700 milliards d'euros) d'ici 2035 les investissements nécessaires dans le domaine de l'énergie - soit chaque année 1500 milliards ou encore 2,5% de la richesse mondiale.

    Car l'offre n'est pas le seul problème. Tirée par les géants en développement -Chine, Inde, Brésil...-, la demande devrait dépasser 99 millions de barils par jour en 2035, selon l'AIE. Biocarburants ou gaz transformés en carburants devraient aider à suivre mais la pression sur le brut sera forte.

    Les grands scénarios internationaux prévoient tous que le pétrole et le gaz restent les sources de la majorité de l'énergie mondiale dans les 20 à 30 ans à venir, proches de leurs 54% actuels.

    Belga
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    • de raminag Ce genre de titre est trompeur. Si il reste 1200 milliards de barils et qu'on en produit 30 par an, l'arithmétique dit qu'il en reste pour 40 ans, mais en pratique ça ne veut pas dire grand chose. Il est totalement impossible de maintenir une production constance pendant 40 ans puis d'arrêter du jour au lendement ! En pratiqure, certains gisements s'épuisant avant d'autres, le pétrole devient de plus en plus dur à extraire et dilué dans l'eau... La production se met à diminuer inexorablement, mais elle ne tombe jamais à zéro. Par exemple, la pennylvannie, première endroit au monde à produire du pétrole à grande échelle, a connu son pic de production en 1891, depuis la production diminue, mais elle continue encore de nos jours, simplement le débit journaliser de pétrole ne représente plus que quelques pourcent de ce qu'elle fut à son apogée.

      11-12-2011 16:50 | Répondre

    • de Anonymous "Un cheval bon marché est rare ; or, ce qui est rare est cher ; donc, un cheval bon marché est cher ... ou le deviendra". Le pétrole bon marché, lui aussi, est devenu très cher. Nous ne manquerons jamais d'or noir, pour la même raison que nous ne manquerons jamais d'or jaune. Le problème ne se pose pas de savoir combien de litres de pétrole il nous restera, mais combien d'euros il nous coûtera ... à condition bien sûr que l'euro existe encore longtemps. Il ne faut se faire aucune illusion, il ne faudra pas attendre cinquante ans, il ne faudra même pas attendre cinq ans pour que se chauffer ou se déplacer avec du pétrole soit devenu un tel luxe que peu pourront se l'offrir. L'écologie n'a peut-être pas gagné à Durban, mais elle a gagné cette nuit à Bruxelles, au Juste Lipse. L'austérité, c'est aussi remplacer une énergie sale et coûteuse par une énergie propre et bon marché : l'électricité produite à partir de l'eau de mer, par fusion nucléaire.

      09-12-2011 11:53 | Répondre

    • de anonymous Pas de voitures électriques, soit. Pas d'éoliennes, soit. Faut-il pour autant creuser en Arctique, dans le Golfe du Mexique ou dans les eaux du Brésil? Ne sommes nous pas suffisamment en train d'épuiser notre Terre? Jusqu'où faudra-t-il aller pour assouvir les besoins d'argent des pétroliers? Plus de faune, plus de flore, plus rien ... une Terre usée, quasi vierge de toute vie à part celle de l'homme (sans H parce qu'il ne le mérite pas). Je ne connaîtrai jamais cet avenir (je l'espère) et tant mieux. Quel "bel" héritage pour nos descendants. Bah, il est vrai que nous ne sommes plus à une honte près.

      08-12-2011 19:07 | Répondre

    • de Vieil Ingénieur Lorsque j'ai fait mes études d'ingénieur civil début des années 1960, les prévisions les plus optimistes étaient que l'on avait des réserves pour 15 ans. En 1980 disait-on, plus de pétrole. Nous sommes déjà 30 ans plus tard. Cela fut la raison du développement du nucléaire, dont les déchets seraient envoyés par fusée hors du système solaire, mais personne n'a jamais osé. Je proteste violemment contre la voiture électrique. En effet, le transport d'électricité n'a pas 100% de rendement, et d'où la fabriquez-vous ? De plus les batteries sur les voitures, personne ne parle de la pollution pour les construire et les détruire en fin de vie ... Mon avis est que souvent (toujours ?) les solutions écologiques sont pires que le problème abordé. Il faut produire et consommer moins sur terre (Aïe je crains les syndicats) ... les éoliennes et autres ne vont rien résoudre, désolé.

      08-12-2011 16:25 | Répondre

    • de Robert JBF Très bonne analyse des réserves connues. Sans oublier les réserves des sables pétrolifères d'Atabaska. Mais pourquoi notre gouvernement ne favorise-t-il pas les éoliennes pour particuliers ? Parce qu'elles ne lui rapportent rien en regard des énormes champs d'éoliennes qui ne font pas diminuer la facture d'électricité des gens. Mais ces grandes éoliennes rapportent de l'argent aux régions et à l'état. C'est vraiment très simples. Pourquoi a-ton besoin du pétrole ? Pour l'industrie, le chauffage, les voitures etc... Pourquoi ne favorise-ton pas les voitures électriques ? Parce qu'elles ne rapportent pas d'argent à l'état. La technologie existe depuis des dizaines d'années. Et avec une réelle autonomie, contrairement à ce qu'on laisse croire. Tout n'est qu'une question d'argent. Malheureusement.

      08-12-2011 14:36 | Répondre

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    • de raminag Ce genre de titre est trompeur. Si il reste 1200 milliards de barils et qu'on en produit 30 par an, l'arithmétique dit qu'il en reste pour 40 ans, mais en pratique ça ne veut pas dire grand chose. Il est totalement impossible de maintenir une production constance pendant 40 ans puis d'arrêter du jour au lendement ! En pratiqure, certains gisements s'épuisant avant d'autres, le pétrole devient de plus en plus dur à extraire et dilué dans l'eau... La production se met à diminuer inexorablement, mais elle ne tombe jamais à zéro. Par exemple, la pennylvannie, première endroit au monde à produire du pétrole à grande échelle, a connu son pic de production en 1891, depuis la production diminue, mais elle continue encore de nos jours, simplement le débit journaliser de pétrole ne représente plus que quelques pourcent de ce qu'elle fut à son apogée.

      11-12-2011 16:50 | Répondre

    • de Anonymous "Un cheval bon marché est rare ; or, ce qui est rare est cher ; donc, un cheval bon marché est cher ... ou le deviendra". Le pétrole bon marché, lui aussi, est devenu très cher. Nous ne manquerons jamais d'or noir, pour la même raison que nous ne manquerons jamais d'or jaune. Le problème ne se pose pas de savoir combien de litres de pétrole il nous restera, mais combien d'euros il nous coûtera ... à condition bien sûr que l'euro existe encore longtemps. Il ne faut se faire aucune illusion, il ne faudra pas attendre cinquante ans, il ne faudra même pas attendre cinq ans pour que se chauffer ou se déplacer avec du pétrole soit devenu un tel luxe que peu pourront se l'offrir. L'écologie n'a peut-être pas gagné à Durban, mais elle a gagné cette nuit à Bruxelles, au Juste Lipse. L'austérité, c'est aussi remplacer une énergie sale et coûteuse par une énergie propre et bon marché : l'électricité produite à partir de l'eau de mer, par fusion nucléaire.

      09-12-2011 11:53 | Répondre

    • de anonymous Pas de voitures électriques, soit. Pas d'éoliennes, soit. Faut-il pour autant creuser en Arctique, dans le Golfe du Mexique ou dans les eaux du Brésil? Ne sommes nous pas suffisamment en train d'épuiser notre Terre? Jusqu'où faudra-t-il aller pour assouvir les besoins d'argent des pétroliers? Plus de faune, plus de flore, plus rien ... une Terre usée, quasi vierge de toute vie à part celle de l'homme (sans H parce qu'il ne le mérite pas). Je ne connaîtrai jamais cet avenir (je l'espère) et tant mieux. Quel "bel" héritage pour nos descendants. Bah, il est vrai que nous ne sommes plus à une honte près.

      08-12-2011 19:07 | Répondre

    • de Vieil Ingénieur Lorsque j'ai fait mes études d'ingénieur civil début des années 1960, les prévisions les plus optimistes étaient que l'on avait des réserves pour 15 ans. En 1980 disait-on, plus de pétrole. Nous sommes déjà 30 ans plus tard. Cela fut la raison du développement du nucléaire, dont les déchets seraient envoyés par fusée hors du système solaire, mais personne n'a jamais osé. Je proteste violemment contre la voiture électrique. En effet, le transport d'électricité n'a pas 100% de rendement, et d'où la fabriquez-vous ? De plus les batteries sur les voitures, personne ne parle de la pollution pour les construire et les détruire en fin de vie ... Mon avis est que souvent (toujours ?) les solutions écologiques sont pires que le problème abordé. Il faut produire et consommer moins sur terre (Aïe je crains les syndicats) ... les éoliennes et autres ne vont rien résoudre, désolé.

      08-12-2011 16:25 | Répondre

    • de Robert JBF Très bonne analyse des réserves connues. Sans oublier les réserves des sables pétrolifères d'Atabaska. Mais pourquoi notre gouvernement ne favorise-t-il pas les éoliennes pour particuliers ? Parce qu'elles ne lui rapportent rien en regard des énormes champs d'éoliennes qui ne font pas diminuer la facture d'électricité des gens. Mais ces grandes éoliennes rapportent de l'argent aux régions et à l'état. C'est vraiment très simples. Pourquoi a-ton besoin du pétrole ? Pour l'industrie, le chauffage, les voitures etc... Pourquoi ne favorise-ton pas les voitures électriques ? Parce qu'elles ne rapportent pas d'argent à l'état. La technologie existe depuis des dizaines d'années. Et avec une réelle autonomie, contrairement à ce qu'on laisse croire. Tout n'est qu'une question d'argent. Malheureusement.

      08-12-2011 14:36 | Répondre

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