Dégringolade des bourses chinoises : quel impact sur l'économie belge?

Relations belgo-chinoises: le Premier ministre chinois était en visite à Bruxelles au mois de juin
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Relations belgo-chinoises: le Premier ministre chinois était en visite à Bruxelles au mois de juin - © DIRK WAEM - BELGA

Un plongeon spectaculaire: la Bourse de Shanghai a clôturé lundi avec plus de 8% de recul. L'ouverture, ce mardi, limitait les dégâts, mais ce n'est pas le premier signal qui alarme la finance mondiale.

Lundi, la Bourse de Shanghai a en réalité connu la plus importante dégringolade en plus de huit années. Dans un contexte de défiance accrue des investisseurs, après la publication ces derniers jours d'une salve de mauvais indicateurs concernant la deuxième économie mondiale, le gouvernement semble atteindre les limites de son action pour stabiliser les marchés.

Contrairement à d'autres pays, les places boursières de Chine continentale comptent parmi leurs investisseurs une écrasante majorité de particuliers, au comportement jugé imprévisible.

Cette situation de crise sur les places chinoises a eu des conséquences externes en Asie, les bourses de Tokyo et de Hong Kong ouvrant toutes les deux mardi en baisse, sous le poids du décrochage spectaculaire des marchés chinois la veille. Le régulateur chinois a pourtant assuré lundi soir qu'il allait continuer sa politique de rachat d'actions pour tenter d'endiguer la débâcle des marchés boursiers.

La deuxième économie mondiale

Les places financières mondiales ont réagi logiquement de façon négative, ce mardi. Cette tempête est-elle durable? Et va-t-elle affecter notre économie?

"Les enjeux pour notre économie sont plus indirects que directs", estime Paul De Grauwe, professeur à la London School of Economics.

La Chine, c'est la deuxième économie mondiale. Les impacts de sa dégringolade boursière, et de sa chute de croissance, pourraient se diffuser aux autres pays. Comment et à quelle ampleur? "C'est une analyse complexe, explique Paul De Grauwe. Le système boursier chinois est relativement fermé. Mais dans la mesure où ces accidents boursiers affectent l'économie réelle, cela entraînera un ralentissement plus important de la croissance chinoise".

Pour les partenaires économiques de la Chine, cela équivaudrait à une baisse des exportations vers ce pays. "La Belgique exporte en effet vers la Chine, mais les volumes restent limités", ajoute l'économiste.

Ci-dessous, un graphique montre en effet le volume d'exportations belges vers la Chine: si les exportations belges vers la Chine ont presque doublé en quelques années, il s'agit d'un partenaire, mais pas du plus important.

Effets indirects

Si la crise de l'économie chinoise s'intensifie, la baisse des exportations allemandes vers ce pays risquent de nous affecter, plus que la baisse des exportations belges. "Pour l'Allemagne, un approfondissement de la crise en Chine serait plus grave. Et comme la conjoncture allemande influence notre propre conjoncture économique, ce sont ces effets indirects qui pourraient nous affecter".

Ce qu'il faut cependant retenir, c'est que ces mouvements de baisse brutale et profonde ne semblent pas être appelés à disparaître. Pour l'économiste belge, ce qui se passe sur les places boursières chinoises ne peut pas simplement être qualifié de "correction". Le recul observé ces dernières semaines "est relativement faible par rapport à l'envol des bourses chinoises ces dernières années", explique-t-il. "Il y a encore une réelle possibilité de déclin qui pourrait s'installer". Paul De Grauwe rappelle que l'économie chinoise est, de plus, en pleine période de surcapacité de production, ce qui "aggrave" sa situation. Dans un tel cas de figure, la contamination de l’économie réelle chinoise pourra donc nous toucher. Indirectement.