On se souvient des nombreuses actions coup de poing organisées à l'époque par le monde agricole. Philippe Duvivier est membre de la FUGEA, une fédération agricole. Il est agriculteur à Bouvignies près de Ath et se souvient qu'alors, le prix avait légèrement remonté aux alentours de 30 centimes. "Maintenant, il est revenu à 25 cents", déplore-t-il. "La crise est bien plus grave qu'en 2009", prévient alors Philippe Duvivier.
Pour les agriculteurs, les coûts ont augmenté. Notamment ceux de l'alimentation et de l'énergie. Mais ils doivent également faire face à une série de coûts imprévus suite, par exemple, au mauvais temps de ces dernières semaines, aux pannes et à l'entretien des machines. Mais il l'assure, "la grande problématique, c'est la gestion du quotidien, où la vie coûte de plus en plus cher... comme pour tous les autres citoyens".
Et à côté de ça, "le prix du lait est toujours aussi bas. Donc non, ça ne va plus !", soupire Philippe Duvivier.
Le MIG et l'EMG font le point
Le MIG (Groupement laitier belge) et l'EMB (European Milk Board) étaient réunis mercredi au marché couvert de Ciney afin de faire le point sur la crise du lait en 2012.
Le constat de Erwin Schöpges, du MIG, est amer: "Avec le prix actuel du lait de 0,24 euro, tous les producteurs sont prêts à disparaître car les frais continuent à augmenter alors que notre prix de vente diminue".
Erwin Schöpges estime que la régulation du prix au niveau européen doit se faire en fonction du prix de vente et non pas du volume. "A court terme, nous voulons demander le gel de 2 à 3% de la production européenne pour ce qu'il reste de l'année 2012. La mesure devrait être réanalysée en 2013 puis soit la prolonger soit trouver d'autres solutions. A moyen terme, la création d'une agence de monitoring serait une bonne chose. Si le prix du lait passe sous la barre des 0,37 euro, il faudrait diminuer la production alors que si le prix dépasse les 0,42 euro il faudra trouver une façon de motiver les agriculteurs à produire".
En ce qui concerne la disparition des fermes familiales, Erwin Schöpges estime que la création d'une coopérative comme Fairebel, qui réunit 500 agriculteurs, est un moyen afin que ceux-ci touchent un prix équitable pour leur produit.
RTBF




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