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"Cas Bellens": "Belgacom est une entreprise publique autonome"

ECONOMIE | Mis à jour le jeudi 31 janvier 2013 à 16h35

  • C'était la traditionnelle séance des questions et des réponses à la Chambre ce jeudi après-midi. La situation chez ArcelorMittal y a bien entendu été abordée, en présence d'une forte délégation du personnel. Mais un autre dossier s'y est invité: celui des déclarations du patron de Belgacom, Didier Bellens.

    Didier Bellens a soulevé un tollé en s'en prenant à la politique belge en matière de télécommunications, ciblant tout particulièrement les normes de la région bruxelloise empêchant selon lui le développement du réseau 4G ainsi que la loi télécoms qui permet aux clients de quitter un opérateur sans préavis après une période de six mois. Ses propos avaient choqué nombre d'élus et le frais émoulu ministre des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille avait tenu à convoquer le CEO de Belgacom pour lui faire part de ses remontrances.

    A la Chambre, des voix se sont à nouveau élevées. Celle de la cheffe de groupe cdH, Catherine Fonck, d'abord. "Dans la forme, c'est franchement too much", attaque-t-elle, considérant que ses propos affaiblissent la position des entreprises belges; et,"tacler nos entreprises, c'est faire injure à tous ceux qui résistent face à la crise", poursuit-elle.  Pour elle, Didier Bellens "veut toutes les libertés sans aucune contrainte, et il veut piéger les clients. Faut-il rappeler que les prix sont parmi les plus chers en Belgique ? Son objectif semble être de faire du profit, à n'importe quel prix, sur le dos des consommateurs". S'adressant au minsitre, elle lui demande "de garantir que Belgacom respecte la loi télécom, car le CEO de Belgacom est aussi là pour respecter l'intérêt public".

    Pour le PS, Carine Lalieux revient d'abord sur la quetion du salaire du CEO en se tournant vers l'exemple français: " 'Je respecterai évidemment la décision de l'Etat actionnaire', des paroles prononcées par le patron d'Areva, l'une des plus grandes entreprises françaises, alors que son actionnaire principal débattait de la réduction de son salaire..." fait-elle remarquer  pour dénoncer l'attitude de Didier Bellens. "Mais M. Bellens injurie aussi ses clients, à qui nous avons donné des droits via la loi télécoms. Monsieur Bellens oublie qu'il dirige une entreprise publique qui doit inscrire le consommateur au coeur de ses décisions"

    Côté flamand, le ton n'est pas moins irrité. Ainsi le CD&V Roel Deseyn: "Je dénonce le fait que M. Bellens ne veut pas s'incliner devant le travail qui a été fait par le Parlement en matière de protection des consommateurs". Et de s'interroger: "Dans quelle mesure un CEO peut-il contester son autorité de tutelle. Y-a-t-il rupture de confiance ?"

    Le ministre des Entreprises publique Jean-Pascal Labille est resté prudent, rappelant ses propos antérieurs. "Comme je l'ai fait sous entendre dès le début les déclarations de D. Bellens sont choquantes et inacceptables et j'ai réagi publiquement. Je rappelle si besoin est qu'il faut tenir compte du fait que Belgacom est une entreprise publique autonome, avec tout ce que cela veut dire: c'est aux organes de gestion qu'il appartint d’évaluer le CEO. J'ai toutefois tenu à ce qu'une mise au point ferme soit réalisée avec M. Bellens sur la nature des propos. J'ai eu une discussion franche à ce sujet et M. Bellens a dit lui-même très clairement qu'il regrettait les propos qui auraient pu être perçus comme choquants."

    Jean-Pascal Labille a également dit avoir convenu avec Didier Bellens que l'entreprise devait désormais se focaliser sur ses objectifs socio-économique, décochant finalement une dernière flèche à l'endroit du ministre-président flamand: "A cet égard, une régionalisation comme indiqué par Kris Peeters n’apporterait pas à mes yeux une quelconque plus-value".

    Des propos qui ont été salués sur les bancs de la majorité, mais qui ont suscité l'ire des partis flamands de l'opposition.

    T.N.

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