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L'élection grecque pourrait faire chuter le château de cartes du FMI

ECONOMIE | Mis à jour le mardi 8 mai 2012 à 11h53

  • Le fragile édifice monté par le Fonds monétaire international pour la Grèce se retrouve sérieusement ébranlé par les électeurs du pays, qui ont manifesté leur rejet des recettes préconisées à Washington.

    Impopulaire dans l'opinion grecque, le FMI a été une cible de choix pour les partis protestataires qui ont fait une percée historique aux législatives dimanche.

    Les partis gouvernementaux avec lesquels l'institution s'était entendue pour mettre en place un programme de réformes économiques et de rigueur budgétaire ont été incapables lundi de former un gouvernement.

    C'est une douche froide pour les analystes financiers, qui ont généralement une haute opinion du FMI.

    Lefteris Farmakis et Dimitris Drakopoulos, de la maison de courtage japonaise Nomura, jugent les résultats des élections "décevants", avec "une fragmentation sans précédent du paysage politique qui laisse la porte grande ouverte à l'instabilité".

    "Ce qui était déjà difficile l'est devenu plus encore", estime une économiste de la banque italienne UniCredit, Gillian Edgeworth. Car dès qu'un gouvernement sera formé, "il sera immédiatement confronté à une longue liste de travaux fourni par la troïka" (FMI, Commission et Banque centrale européennes).

    Le Fonds a accordé en mars à la Grèce un nouveau prêt de 28 milliards d'euros, succédant à celui de 30 milliards d'euros de mai 2010, dont deux tiers avaient été versés.

    "Forte probabilité de retard" pour la seconde tranche d'aide

    En principe, après avoir déboursé une première tranche de 1,65 milliard d'euros en mars, le FMI doit examiner la possibilité d'en débourser une deuxième en juin. Pour Mme Edgeworth, il y a une "forte probabilité" de retard.

    A Washington, on se veut patient. "Nous attendons avec intérêt de pouvoir prendre contact avec le nouveau gouvernement une fois formé. Jusqu'alors, nous n'aurons pas d'autre commentaire", a affirmé une porte-parole de l'institution, Conny Lotze.

    Ce mutisme pourrait durer, tant il semblait compliqué d'imaginer à quoi ressemblerait la nouvelle coalition gouvernementale.

    Les analystes de la banque Barclays entrevoient une autre difficulté. Selon eux, le résultat des élections "rend plus probable une renégociation de certains des termes du programme UE-FMI, y compris les mesures de rééquilibrage budgétaire".

    Or, d'une part, ces termes ont déjà nécessité de longs mois de discussions. D'autre part, tout indique que du côté du Fonds, on n'a pas envie de toucher à un programme économique si difficile à échafauder.

    A Zurich lundi, la directrice générale Christine Lagarde s'est abstenue de commenter les élections grecques.

    Elle a évoqué ce qu'elle attendait d'Athènes: des réformes de libéralisation de l'économie, comme celle des transports, pour mettre fin à une situation où il "coûtait moins cher d'importer une tomate des Pays-Bas que d'en acheter une à un agriculteur grec". Et elle a rappelé que les pays à forte dette publique n'avaient "pas d'autre choix" que de combler leur déficit budgétaire.

    Pour Mark Weisbrot, économiste du Center for Economic and Policy Research à Washington, et critique du FMI, l'institution "va ajuster sa stratégie aux événements politiques", sans la changer du tout au tout.


    AFP

    Derniers commentaires

    • de Pour mémoire RAPPELONS QUE C'EST L'ARGENT DES GRECS QUE L'ON PRÊTE AUX GRECS À DES TAUX D'INTÉRÊT AHURISSANT. L'argent des Grecs qui a été imprudemment ( et en dehors de tout contrôle démocratique ) confié à la BCE, au FMI, à l'union européenne des banques, et l'argent des 1 % de très riches grecs qui a été déplacé dans des banques étrangères. Rappelons que les Grecs travaillent plus que les Belges d'après les statistiques de OCDE, et qu'ils partent en retraite plus tard que nous. Pour ce qui est du FMI, par exemple, la rubrique faits divers / actualité judiciaire nous montre à quel point règne le mépris total de l'humain qui domine au plus haut niveau dans cette organisation, et dans toutes les institutions citées ici.

      10-05-2012 06:37 | Répondre

    • de Japy Trop longtemps, les Grecs ont vécu de travail en noir, éludant les contributions nécessaires à la vie d'un Etat. L'Etat grec a aussi été, pendant tout ce temps, trop laxiste et a laissé faire. Maintenant, il tente de redresser la barre maisil est trop tard et la cible visée n'est pas la bonne. L'Europe est aussi grandement responsable de ce qui arrive à la Grèce en ayant accepté, dès 2001, de les intégrer à la zone Euro alors qu'ils étaient très loin d'être, déjà alors, dans les conditions requises pour y entrer. Allons-nous encore longtemps traîner ce boulet ? Je me demande s'il ne vaudrait pas mieux pour les Grecs et pour nous qu'ils s'en retournent à la drachme.

      08-05-2012 13:26 | Répondre

    • de Anonymous Si ça pouvait être vrai, bon sang, si ce château de cartes construit avec du papier sale pouvait voler en l'air, et qu'on respire enfin un peu d'air frais, de l'air qui ne pue pas l'euro des financiers, mais qui sente bon le peuple d'Europe ... quel bonheur !

      08-05-2012 12:16 | Répondre

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  • Le ministre grec des Finance Evangelos Venizelos (d) avec la directrice du FMI Christine Lagarde, lors d'un sommet de l'Eurogroup le 19 juin 2011 à Luxembourg
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    Le ministre grec des Finance Evangelos Venizelos (d) avec la directrice du FMI Christine Lagarde, lors d'un sommet de l'Eurogroup le 19 juin 2011 à Luxembourg

    AFP / Georges Gobet
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    • Le ministre grec des Finance Evangelos Venizelos (d) avec la directrice du FMI Christine Lagarde, lors d'un sommet de l'Eurogroup le 19 juin 2011 à Luxembourg

      Le ministre grec des Finance Evangelos Venizelos (d) avec la directrice du FMI Christine Lagarde, lors d'un sommet de l'Eurogroup le 19 juin 2011 à Luxembourg

    • de Pour mémoire RAPPELONS QUE C'EST L'ARGENT DES GRECS QUE L'ON PRÊTE AUX GRECS À DES TAUX D'INTÉRÊT AHURISSANT. L'argent des Grecs qui a été imprudemment ( et en dehors de tout contrôle démocratique ) confié à la BCE, au FMI, à l'union européenne des banques, et l'argent des 1 % de très riches grecs qui a été déplacé dans des banques étrangères. Rappelons que les Grecs travaillent plus que les Belges d'après les statistiques de OCDE, et qu'ils partent en retraite plus tard que nous. Pour ce qui est du FMI, par exemple, la rubrique faits divers / actualité judiciaire nous montre à quel point règne le mépris total de l'humain qui domine au plus haut niveau dans cette organisation, et dans toutes les institutions citées ici.

      10-05-2012 06:37 | Répondre

    • de Japy Trop longtemps, les Grecs ont vécu de travail en noir, éludant les contributions nécessaires à la vie d'un Etat. L'Etat grec a aussi été, pendant tout ce temps, trop laxiste et a laissé faire. Maintenant, il tente de redresser la barre maisil est trop tard et la cible visée n'est pas la bonne. L'Europe est aussi grandement responsable de ce qui arrive à la Grèce en ayant accepté, dès 2001, de les intégrer à la zone Euro alors qu'ils étaient très loin d'être, déjà alors, dans les conditions requises pour y entrer. Allons-nous encore longtemps traîner ce boulet ? Je me demande s'il ne vaudrait pas mieux pour les Grecs et pour nous qu'ils s'en retournent à la drachme.

      08-05-2012 13:26 | Répondre

    • de Anonymous Si ça pouvait être vrai, bon sang, si ce château de cartes construit avec du papier sale pouvait voler en l'air, et qu'on respire enfin un peu d'air frais, de l'air qui ne pue pas l'euro des financiers, mais qui sente bon le peuple d'Europe ... quel bonheur !

      08-05-2012 12:16 | Répondre

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