Pour Guy Verhofstadt, l'Europe ne pourra pas sortir de la crise sans une union économique, fiscale et politique. "Je pense qu'il y a de plus en plus de pays qui sont persuadés qu'une union économique et politique est la seule solution mais c'est vrai qu'il y a encore des résistances et la résistance la plus importante, on la connaît, c'est du côté allemand. Les Allemands veulent seulement être solidaires avec le reste de l'Union européenne et de la zone euro en mutualisant la dette, s'il y a d'abord une union politique qui est créée. Du côté français, on dit l'inverse : avant une union politique, il faut d'abord se mettre d'accord sur une plus grande solidarité dans la zone euro. Donc on est un peu dans une situation bloquée. Tout le monde sait qu'il faut faire un saut en avant et les uns disent qu'il faut d'abord attendre quelque chose d'autre", déclare-t-il.
Les demi-mesures ont aggravé la crise
Pour Guy Verhofstadt comme pour Pierre Defraigne, il est donc plus que nécessaire de prendre des mesures à court terme qui devront être des mesures structurelles.
Tout le monde commence à reconnaitre que "toutes ces demi-mesures, qui ont été prises depuis le début de la crise en décembre 2009, ont justement aggravé la crise" au lieu de la solutionner, poursuit Guy Verhofstadt. "Mais encore une fois le blocage politique du côté de l'Allemagne est complet et pour moi c'est à cause des élections de 2013".
Pour lui, quand Angela Merkel déclare : "Tant que je vivrai, il n'y aura pas d'euro-obligations, de mutualisation de la dette", il s'agit d'un langage purement électoraliste.
Or, "la situation peut encore s'aggraver et on peut perdre l'euro et l'Allemagne sera la grande perdante car l'euro est le moteur de sa croissance économique pour le moment", précise-t-il.
Un avis partagé par Pierre Defraigne qui ajoute : "Ce risque plane au-dessus de nos têtes depuis longtemps et ce serait une erreur historique de ne pas être à la hauteur de l'enjeu".
L'union bancaire, "une urgence extrême"
Pour cet économiste, "le véritable enjeu c'est l'union bancaire", une "urgence extrême". "Il s'agit de débloquer le marché interbancaire, de retrouver une confiance pour que notamment les banques recommencent à prêter aux PME qui sont les moteurs de la relance", explique-t-il, "et pour y arriver il faut couper le lien incestueux entre les états nationaux et leur système bancaire. Et la manière de le faire est un système européen de garantie des dépôts et de résolution des crises financières du côté des banques".
La réunion du G20, la semaine dernière, au Mexique pourrait toutefois changer la donne, selon lui. Les états les plus importants du monde "s'inquiètent de voir un continent qui s'est doté, un peu imprudemment, d'une monnaie unique et qui ne veut pas en assumer les conséquences politiques, budgétaire, fiscales et surtout financières", explique-t-il.
C. Biourge




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