Aller directement au contenu principal

Grèce: le déficit 2012 plus élevé que prévu, les Grecs mobilisés

ECONOMIE | Mis à jour le mercredi 22 février 2012 à 16h09

  • Le gouvernement grec table sur un déficit public de 6,7% du PIB en 2012 contre 5,4% prévu initialement pour cause de récession plus importante que prévue en 2011. Pendant ce temps, les Grecs se mobilisent pour retourner dans la rue.

    "En raison de la récession plus importante, des écarts sont intervenus avec les prévisions initiales et les résultats de 2011, c'est pourquoi il faut réviser les chiffres de 2012 selon les objectifs posés dans le cadre de la loi sur l'assainissement des finances publiques", indique un projet de loi publié mercredi et qui décline les mesures de rigueur imposées à la Grèce par le nouveau plan d'aide européen.

    Ce projet de loi doit être adopté en procédure d'urgence par le Parlement dans les prochains jours, selon une source du ministère des Finances.

    Le budget de 2012 votée au Parlement en décembre dernier prévoyait un déficit public de 5,4% avec un excédent primaire de 1,1% du PIB. Avec la nouvelle révision, il n'y aura pas d'excédent primaire en 2012, mais seulement en 2013, avait précisé le ministre de Finances, Evangelos Venizelos, mardi.

    La Grèce subit sa cinquième année de récession. Prévue initialement à 5,5%, la récession s'est aggravée en 2011 en atteignant plus de 6%, selon les dernières estimations.

    Une récession et des mesures budgétaires qui touchent durement les Grecs. Au lendemain de l'accord décidé au forceps par les ministres des Finances de la zone euro dans la nuit de lundi à mardi à Bruxelles, la première riposte des centrales syndicales grecques est attendue ce mercredi.

    "Tous ensemble nous pouvons balayer les nouvelles coupes sur les retraites", affirment la Confédération générale des travailleurs, GSEE (privé), et la Fédération des fonctionnaires, Adedy (public), qui appellent à un rassemblement sur la place Syntagma d'Athènes, au pied du parlement.

    "Les mesures qui vont être votées au parlement sur les nouvelles coupes constituent le coup de grâce pour les retraités et pour le système de sécurité sociale dans le pays", prédisent dans un communiqué les deux principales centrales du pays.

    Le syndicat pro-communiste Pame mobilisera également ses troupes à Athènes et une manifestation est aussi prévue à Salonique, la deuxième ville grecque dans le nord.

    La dernière mobilisation massive, assortie d'affrontements violents, remonte au dimanche 12 février lorsque plus de 100 000 Grecs, dont 80 000 à Athènes, avaient manifesté au moment du vote au parlement d'un accord de principe sur le nouveau programme d'austérité demandé à la Grèce en échange du déblocage d'un programme de renflouement et de désendettement du pays.

    Calendrier très serré pour Athènes

    Ce plan de sauvetage d'une ampleur inédite a finalement reçu dans la nuit de lundi à mardi le feu vert des ministres des Finances de la zone euro.

    Il prévoit d'une part un volet d'aide publique - des prêts, pour l'essentiel- à hauteur de 130 milliards d'euros jusque fin 2014, après un premier programme de soutien à la Grèce décidé en mai 2010 qui avait atteint déjà 110 milliards d'euros, en partie versés.

    L'autre volet du plan porte sur un effacement de la dette de la Grèce détenue par ses créanciers privés, banques et fonds d'investissement. Ce PSI, tiré de l'acronyme anglais private sector involvement, va permettre d'alléger la dette souveraine grecque de 107 milliards d'euros au prix d'une décote sur la valeur nominale des titres de 53,5% et de pertes réelles pour les banques détentrices des titres supérieures à 70% de leur mise initiale.

    L'ensemble de l'aide vise à éviter un défaut de paiement de la Grèce en vue de l'échéance du 20 mars, date à laquelle le pays doit rembourser 14,5 milliards d'euros.

    L'accord trouvé avec ses partenaires européens impose maintenant à Athènes un calendrier très serré pour traduire dans sa législation les décisions validées à Bruxelles.

    "Beaucoup de choses doivent encore être accomplies dans les trois prochaines semaines", a rappelé mardi soir le Premier ministre Lucas Papademos à l'issue d'un conseil des ministres.

    Mercredi, les députés de la commission économique vont également commencer à examiner le projet de loi sur le PSI qui sera adopté avant la fin de la semaine, sans doute jeudi, a indiqué à l'AFP une source du ministère des Finances.

    Le ministre des Finances Evangélos Vénizélos avait présenté mardi soir les étapes à suivre pour ce PSI : les créanciers privés volontaires pour l'échange de titres se feront connaître d'ici le 9 mars, l'opération elle-même aura lieu le 12 mars pour une signature attendue du nouvel accord de prêt (avec les partenaires européens et le FMI) envisagée le 19 mars.

    Deux autres projets de loi importants sont à l'ordre du jour du parlement : le premier, déposé dès mardi, porte sur l'ensemble des mesures budgétaires qu'avaient exigées les créanciers du pays avant le déblocage de la deuxième aide financière. Parmi elles figurent les très impopulaires baisses du salaire minimum et coupes dans les retraites complémentaires.

    Le second projet réforme le système de santé publique en abaissant les dépenses d'un milliard d'euros en 2012, notamment par des fusions d'hôpitaux.

    Lutter contre l'évasion fiscale

    La Grèce a également signé mercredi une convention sur l'échange de sonnées pour éviter l'évasion fiscale. "Alors que la Grèce cherche à remettre à flots son économie dans le cadre du nouveau plan de financement soutenu par les pays de la zone euro et d'autres créanciers, la convention va permettre à la Grèce de travailler plus intimement avec d'autres pays pour éviter la fraude et l'évasion fiscales", souligne l'organisation économique des pays développés dans un communiqué.

    "Cela permettra que les particuliers et les entreprises internationales paient le montant adéquat d'impôt, au bon moment et au bon endroit", a souligné le secrétaire général de l'Organisation de Coopération et de Développement Economique, Angel Gurria.

    Fitch dégrade la note de la Grèce

    Si le plan d'aide a soulagé les Grecs, il n'a pas convaincu Fitch, qui a dégradé ce mercredi la note du pays.

    Fitch estime que si cet accord était mené à terme, cela constituerait une restructuration de dette sous la contrainte (Distressed debt exchange, DDE) "et, en conséquence les annonces d'hier lanceraient le processus de révision" des notes de la Grèce, précise-t-elle dans un communiqué.

    De ce fait, la note souveraine du pays a été abaissée de "CCC" à "C", indiquant qu'"un défaut de paiement est fortement probable à court terme", a-t-elle relevé, soulignant que la note du pays passerait dans un premier temps en "défaut partiel" (restricted default, RD) et celle des obligations concernées par l'opération à "D", c'est-à-dire en défaut.

    "Peu après la réalisation de l'échange et l'émission des nouvelles obligations, la note souveraine de la Grèce sera retirée de la catégorie 'défaut partiel' et positionnée à un niveau correspondant à l'évaluation de l'agence", a-t-elle poursuivi, sans autre précision.

    AFP


  • Le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos
    « previous

    Le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos

    AFP PHOTO/ LOUISA GOULIAMAKI
    next
    • Le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos

      Le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos

Dernière Minute

Economie

Dossier Made In Belgium
Les cours de la Bourse en temps réel