Philips Turnhout: 218 emplois supplémentaires menacés

Philips à Turnhout
Philips à Turnhout - © DIRK WAEM (belga)
Rédaction RTBF

"Certains changements organisationnels s'imposaient afin de conserver notre compétitivité et de faire face aux développements économiques actuels et futurs", a commenté lundi Alasdair Waugh, directeur de Philips Turnhout, au terme d'un conseil d'entreprise extraordinaire au cours duquel la suppression de 218 emplois supplémentaires a été annoncée.

En juin dernier, le groupe avait déjà fait part de son intention de faire passer à la trappe 136 emplois. "Aujourd'hui, la direction se voit dans l'obligation de revoir sa position à la suite de nouveaux développements", a précisé Philips.

Au total, 354 emplois - 156 postes d'ouvriers et 198 postes d'employés et de cadres - sont désormais menacés à Turnhout.      

"La pression du marché sur les lampes à décharge à haute intensité (HID), comme celles produites à Turnhout, ne cesse de s'intensifier, en raison des évolutions rapides sur le marché de l'éclairage avec l'arrivée de l'éclairage LED, des pressions concurrentielles accrues des pays asiatiques et de l'érosion des prix qui en découle", a encore justifié la direction qui pointe par ailleurs "une baisse des volumes de production planifiés pour les deux années à venir".   

"Ces nouveaux développements, associés à l'annonce d'économies supplémentaires pour l'ensemble du groupe à l'échelle mondiale, rendaient indispensable une adaptation de l'intention annoncée en juin dernier", a poursuivi le groupe.      

Selon ce dernier, la réorganisation se déroulera en plusieurs phases, à partir de fin 2012 et tout au long de 2013 et de 2014. "Le calendrier fera également l'objet de discussions avec les partenaires sociaux", a conclu Philips qui "mettra tout en œuvre pour accompagner les salariés concernés dans leur recherche d'emploi."      

Spécialisé dans le développement et la production d'applications d'éclairage écoénergétiques à usage professionnel, le site de Philips à Turnhout emploie 1533 salariés, dont 620 employés et cadres et 913 ouvriers.

Les syndicats dénoncent un mauvais management

Les syndicats du site de Philips à Turnhout ont dénoncé, lundi, le "mauvais management stratégique" qui met en péril un total de 354 emplois. "Les coûts salariaux ne représentent que 4 pc du prix du produit. Selon nous, la production de lampes LED, délocalisée en Asie du sud est, aurait parfaitement pu se poursuivre à Turnhout", a expliqué Ortwin Magnus (FGTB).

Le syndicat socialiste craint par ailleurs pour l'avenir du site, malgré les propos rassurants de la direction.

Quant à la CSC, elle évoque elle aussi l'hypothèque qui pèse sur l'usine. "Les volumes sont réduits et certaines productions sont stoppées. Nous regrettons que Turnhout n'ait pas de rôle à jouer alors que la technologie LED envahit le marché", a souligné Leo Lauwerysen (CSC).

Arrêt de travail spontané du personnel

Les travailleurs de différentes unités du site de Philips à Turnhout ont débrayé spontanément lundi midi, ont indiqué les syndicats. "Il s'agit de travailleurs des équipes du matin, qui terminaient à 14 heures, ainsi que des salariés des équipes de jour, dont des employés. Ils se sont rassemblés dans le réfectoire et n'ont pas repris le travail après leur pause", a expliqué Leo Lauwerysen (CSC).

Selon ce dernier, les syndicats n'ont pas appelé à la grève mais soutiennent les grévistes. "Une action de longue durée ne nous semble pas être une bonne idée parce que ça pourrait être un cadeau pour Philips mais nous comprenons l'émotion des gens et nous soutenons complètement leur mouvement."

Par ailleurs, le personnel d'entretien a lui aussi débrayé, mettant à l'arrêt toutes les lignes de production.

Voka Kempen : "2556 emplois disponibles dans la région"

Selon Voka Kempen, la section campinoise de la chambre de commerce flamande, les entreprises de la région de Turnhout ont suffisamment d'emplois à pourvoir pour les travailleurs licenciés de Philips, sans formation supplémentaire nécessaire.

"En tant que région fortement industrielle, la Campine ressent toujours rapidement les conséquences de la crise et la réalité économique changeante", explique Jan Hendrickx, directeur général de Voka Kempen. "Mais il ne faut pas sous-estimer le dynamisme et le réseau économique" de la Campine, ajoute-t-il.

De plus, la région de Turnhout présente suffisamment de postes vacants que les employés licenciés pourraient directement remplir. "Le VDAB (Service flamand de l'emploi et de la formation, ndlr) a ouvert 2.556 postes. Pour 1.391 d'entre eux, aucune formation n'est requise ou seul le deuxième degré secondaire", explique Jan Hendrickx.

Avec Belga


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