"Il ne vous arrivera rien si vous reconnaissez la vérité, si vous appelez un sauvetage 'sauvetage'. Dites-le avec moi, sau-ve-tage", a lancé la porte-parole du petit parti d'opposition YPyD, Rosa Diez, s'adressant au chef du gouvernement, Mariano Rajoy, lors d'une session de la chambre des députés.
"Sauvetage limité, sauvetage financier, sauvetage light, sauvetage merveilleux, mais sauvetage", a-t-elle ajouté.
"Nous savons que des conditions strictes seront imposées, qui affecteront les retraites, le marché du travail et les impôts indirects", a assuré pour sa part l'ancien ministre socialiste du Travail, Valeriano Gomez.
Déni ou certitude ?
Le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, a répondu "qu'il n'y aura pas de conditions supplémentaires de politique budgétaire, ni de réformes structurelles" dans l'aide européenne de 100 milliards d'euros au maximum que recevra l'Espagne pour ses banques.
"Il n'y aura pas de nouvelles recommandations par rapport à celles de la Commission européenne du 30 mai dernier, dans le cadre de la procédure de déficit excessif, et sur lesquelles l'Ecofin et le Conseil européen se prononceront bientôt", a précisé Luis de Guindos.
Ces recommandations portent notamment sur les impôts indirects, dont la TVA que Madrid se refuse officiellement à augmenter.
Le ministre de l'Economie, en annonçant samedi qu'un accord avait été conclu sur le principe d'une aide, avait souligné que celle-ci serait limitée aux banques et n'entraînerait pas de nouveaux sacrifices pour la population.
Le gouvernement se refuse depuis à parler de "sauvetage".
"Les citoyens veulent savoir pour de bon si le sauvetage des banques va entraîner pour eux de nouveaux sacrifices", a lancé mercredi la députée socialiste Inmaculada Rodríguez Piñero.
Rajoy demande une action urgente
"Il est nécessaire d'agir avec urgence pour stabiliser les marchés financiers et réduire les primes de risque", a écrit Mariano Rajoy dans une lettre adressée le 6 juin au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, rendue publique mercredi. L'Espagne était alors sur le point de conclure un accord avec ses partenaires européens sur une aide financière. Dans cette lettre, Mariano Rajoy assure que "la seule institution qui a aujourd'hui la capacité d'assurer ces conditions de stabilité et de liquidité est la Banque centrale européenne".
"Assurer la stabilité financière est, en ce moment, essentiel pour démontrer l'engagement des Etats membres envers le caractère irréversible de l'euro", ajoute le dirigeant espagnol. Les pressions accrues sur l'Espagne des marchés et des autres pays européens avaient précipité samedi dernier l'accord entre Madrid et ses partenaires de la zone euro, prévoyant une aide aux banques espagnoles qui pourra atteindre cent milliards d'euros. Ni le montant, ni les conditions exactes de ce prêt ne sont encore connues, ce qui a provoqué depuis lundi de nouvelles tensions sur les marchés. L'Espagne doit formuler sa demande formelle d'aide avant le 21 juin.
T.N. avec agences




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