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Eric De Keuleneer: "On s'en sortira en travaillant plus, pas en consommant plus"

ECONOMIE | Mis à jour le jeudi 13 septembre 2012 à 13h57

  • Ceux qui prédisaient la fin de de la zone euro d'ici la fin de l'été semblent s'être trompés. Ces derniers jours, le ciel européen s'est largement éclairci avec notamment la décision de la cour constitutionnelle allemande d'approuver le mécanisme de stabilité européen mais aussi avec la victoire des partis pro-européens aux Pays-Bas. Est-ce que cela veut dire pour autant que l'Europe et sa monnaie unique sont sauvées ? Eric De Keuleneer, économiste et professeur à la Solvay Business School, a répondu à vos questions dans notre chat à midi. Relisez-le.

    La victoire des partis pro-européens aux élections législatives anticipées aux Pays-Bas, ce mercredi soir, est un nouveau signe positif pour l'avenir de la zone euro. Dans le même temps, on a apprend que le Portugal a obtenu de ses créanciers un délai supplémentaire pour réduire son déficit public et qu'il a adopté, en parallèle, un nouveau plan d'austérité.

    Il est aussi question de mettre en place un système de surveillance des banques de la zone euro par une instance européenne unique et la commission propose que ce soit la Banque centrale européenne qui assure ce contrôle.

    Mais si toutes ces décisions permettent d'avancer sur le sauvetage de la zone euro, tout n'est pas encore gagné. C'est du moins ce qu'affirmait, ce mercredi au JT de 13h, Etienne de Callataÿ, économiste en chef à la banque Degroof : "Les 500 milliards du mécanisme européen de stabilité constituent un effort important des États européens mais pourraient ne pas suffire".

    Dans ce cas, l'Allemagne serait à nouveau mise à contribution mais à ce moment-là, la Cour constitutionnelle allemande impose de demander l'avis du parlement et il n'est pas certain qu'il accepterait.

    Alors, la zone euro est-elle enfin sortie d'affaire ?

    Il faut "un modèle crédible pour résoudre des crises ponctuelles"

    "La crise dans la monnaie est une donnée supplémentaire en Europe. Ce problème est en train de se réduire, mais n'est pas totalement résolu. L’euro n'est pas encore considéré comme une devise comme une autre", explique Eric De Keuleneer.

    "L’avenir de l'euro dépend d'une vision claire que la zone euro ne sera pas en soi remise en cause, et qu'il existe un modèle crédible pour résoudre des crises ponctuelles. Donc il faut accepter de parler des implications pratiques de la sortie d'un pays, qui peuvent être gérables, sans un "big bang" dramatique", estime-t-il. Un modèle qui, précise-t-il, "devrait arriver pour la Grèce. Soit la Grèce prend les mesures nécessaires pour réduire ses déficits, soit il faut qu'elle sorte du carcan : il n'y a malheureusement pas de consensus aujourd'hui sur cela".

    Et d'ajouter : "Il faudrait faire une distinction entre les problèmes de la Grèce ou de l 'Espagne et l’avenir de l'euro ; contrairement à ce que prétendent les médias anglo-saxons, il y a très bien moyen de distinguer les deux, une sortie d'un pays membre n'entraine pas du tout l'"implosion de l'euro"".

    "Le niveau de vie en Europe est artificiellement gonflé depuis 10 ans"

    "Sauver l'euro, c'est en fait plutôt sauver la zone euro. Cela aidera le monde financier évidemment, mais depuis 5 ans il faudrait réformer ce monde financier en profondeur, et les mesures sont insuffisantes".

    "Le niveau de vie en Europe est artificiellement gonflé depuis 10 ans dans plusieurs pays dit de la périphérie de l'euro. Si ces pays ne veulent pas faire d'effort pour réduire les conséquences de cette illusion, la zone euro ne peut pas survire, mais ce sont ces pays qui payeront le prix le plus élevé".

    "Les pays qui ont le plus gonflé leur prospérité de façon artificielle grâce à l'euro et aux subsides européens sont probablement la Grèce, l'Irlande, l’Espagne, le Portugal", précise l'économiste.

    "On s'en sortira en travaillant plus, pas en consommant plus"

    "La compétitivité, ce n’est pas tellement le niveau de la devise, c'est surtout l'attrait d'entreprendre et de travailler, l'imposition sur le travail, etc. La suisse est un bon exemple, l’Allemagne aussi. On s'en sortira en travaillant plus, pas en consommant plus", affirme-t-il.

    "Je crois qu'il faut une grande réforme de la fiscalité qui cesse de décourager le travail et l'entreprise, mais aussi avoir moins des règles contraignantes. Le travail des uns est créé par le travail des autres. L'abus de consommation dans ces pays est avant tout la responsabilité des gouvernements de ces pays qui ont distribué de l'argent trop facilement et encouragé des bulles immobilières".

    La crise n'est pas totalement résolue mais cela va mieux

    "Je crois que le problème de l’Europe, ce n'est pas l’Allemagne, c'est la France qui jusqu’à présent est incapable de se réformer", conclut Eric De Keuleneer.

    Pour le reste,"la situation de l'Irlande, de l'Espagne et du Portugal, est difficile, mais ces pays font des efforts. Leur balance commerciale s'améliore, leur compétitivité aussi. Il leur faut un peu de temps, mais beaucoup de mesures difficiles ont été prises. La Belgique n'est pas dans les pays à problèmes, mais elle devrait prendre des mesures pour sa compétitivité".

     

    C. Biourge

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