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En Allemagne, l'attitude de la BCE continue à faire débat

ECONOMIE | Mis à jour le lundi 17 septembre 2012 à 12h25

  • La Banque centrale européenne (BCE) doit pouvoir continuer à agir même sans l'unanimité de ses gouverneurs, a estimé lundi le gouverneur de la Banque de Finlande, Erkki Liikanen, dans un entretien au quotidien économique allemand Handelsblatt. L'Allemagne ne digère toujours pas la décision de la BCE.

    S'il déclare avoir "un grand respect" pour la Bundesbank allemande, qui est en désaccord avec le nouveau programme de rachat de dettes d'Etat de la BCE, M. Liikanen indique avoir à la fin des discussions "soutenu la décision (de la BCE, ndlr) que mon avis ait été suivi ou pas".

    "Naturellement, j'aurais souhaité l'unanimité. Mais quand cela ne peut pas être atteint, il est important, dans cette crise, que la BCE conserve son pouvoir d'action dans toutes les circonstances", estime Erkki Liikanen.

    Sa déclaration prend le contre-pied de l'analyse généralement faite en Allemagne, dont le représentant à la banque centrale européenne s'était abstenu lors de la décision de racheter de la dette des pays en crise. Plusieurs médias ont mis en cause la BCE, et même la chancelière allemande a été critiqué pour son "double discours": conciliante à l'extérieur, intransigeante à l'intérieur.

    Dans la presse de ce week-end, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a toutefois reproché au président de la banque centrale allemande, Jens Weidmann, ses critiques ouvertes contre la politique de la BCE, qui selon lui ne contribuent pas à renforcer la confiance des citoyens dans l'institution monétaire de Francfort.

    Transparence

    Le gouverneur de la Banque centrale de Finlande se déclare en faveur de la publication des procès-verbaux des réunions du conseil des gouverneurs "de manière à ce que les discussions puissent être suivies" de tous.

    Erkki Liikanen a par ailleurs jugé dans le Handelsblatt "très positif" le feu vert de la Cour constitutionnelle allemande à la mise en oeuvre du Mécanisme européen de stabilité (MES), nouveau fonds de secours pour la zone euro devant prendre le relais du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

    Concernant le projet de supervision bancaire européenne, que la Commission européenne veut confier à la BCE, M. Liikanen juge qu'il n'est en effet "pas sain" que des banques ayant un champ d'action européen ne soient contrôlées que nationalement.

    "Nous déléguerons aux régulateurs nationaux. Mais les règles doivent être les mêmes pour tous", déclare-t-il.

    Il a ajouté que la BCE doit publier "d'ici un mois" son rapport sur la réforme du secteur bancaire, dans lequel elle dira si banques d'investissement et banques de détail doivent être distinctes ou pas.


    T.N. avec AFP

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    Jonathan Nackstrand
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