Pic de consommation d'électricité: "De grandes chances que la réserve stratégique soit activée"

Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité en Belgique, assure ne pas prévoir de pénurie d'approvisionnement durant la semaine prochaine, période à laquelle une nouvelle vague de froid devrait s'abattre sur l'Europe. Une consommation de plus de 100 000 MW est notamment attendue en France jeudi prochain alors que plusieurs centrales nucléaires y font défaut et que le pays devra, à l'instar de la Belgique, importer de l'électricité pour pouvoir faire face à la demande. "La situation s'annonce plus tendue", reconnait-on chez Elia, "mais est sous contrôle".

Selon les prévisions du gestionnaire français du réseau à haute tension RTE, un pic de consommation de 101 800 MW devrait être atteint dans l'Hexagone le jeudi 19 janvier vers 19 heures, ce qui constituerait un record absolu. Le dernier date en effet du 8 février 2012 avec 101 700 MW. Or, le pays ne peut actuellement plus compter sur l'ensemble de ses centrales nucléaires.

Pas de moyens suffisants pour éviter toute pénurie

"C'est une situation inédite en France. Elle va devoir importer de l'électricité pour satisfaire la demande. Il n'y aura pas un jour plus tendu sur les réseaux cette année, voire l'année prochaine", prédit Damien Ernst, professeur en électromécanique à l'ULg.

Elia reconnait l'importance de la situation mais indique avoir suffisamment de moyens à sa disposition pour éviter toute pénurie. Le gestionnaire du réseau haute tension peut en effet recourir à ses réserves opérationnelles et n'exclut pas de faire appel aux réserves stratégiques si besoin afin d'arriver aux alentours des 13 000-13 500 MW nécessaires lors du pic de consommation de 19 heures.

En concurrence avec la France

Il y a de grandes chances, selon Damien Ernst que la réserve stratégique soit activée mais a priori pas de " blackout " en vue. "On va voir comment la situation va évoluer dans les jours qui viennent mais il ne faut pas oublier qu'un réseau électrique c'est une machine. On peut avoir n'importe quand un pépin, comme il y a quelques jours avec Doel 4."

Autre point que soulève Damien Ernst, le fait que la Belgique entre potentiellement en concurrence avec la France. "La France va peut-être devoir importer aux alentours de 20 000 mégawatts, ce qui est énorme (l'équivalent de la production de 20 réacteurs nucléaires). Elle va donc rentrer en compétition avec la Belgique pour importer son électricité. Notamment l'électricité produite par les Pays-Bas", explique le professeur en électromécanique, qui ajoute: "Même s'il nous manquait 2000 mégawatts, ce n'est pas énorme mais si nous rentrons en compétition avec la France, il n'est pas nécessairement certain que nous puissions avoir ces 2 000 mégawatts de la Hollande."
 


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