Avon, groupe de cosmétiques mondialement connu et spécialiste du démarchage à domicile, a publié jeudi une lettre envoyée la veille à son conseil d'administration par Coty. Ce dernier a relevé son offre de 23,25 dollars à 24,75 dollars par action soit un total de 10,69 milliards de dollars, contre 10 milliards auparavant.
Avon se contente de préciser que son conseil d'administration étudiera la proposition "en temps voulu", rappelant au passage que son chiffre d'affaires s'élève à 11 milliards de dollars.
Coty, qui avait annoncé début avril qu'il cherchait à acquérir Avon, se dit "déçu par l'impasse actuelle" des négociations et rappelle son argument principal, à savoir qu'il veut former avec Avon un géant mondial de la beauté.
Dans sa lettre, signée de son président non exécutif Bart Bercht, il conditionne l'augmentation de son offre à l'accès aux comptes d'Avon, qu'il réclame depuis trois semaines.
Coty rappelle les "difficultés opérationnelles et financières" d'Avon, "mises en évidence par vos résultats trimestriels et prévisions décevantes de même que les abaissements récents de vos notes de dette" et dit avoir besoin de "confirmer ses estimations de synergies".
L'agence de notation Moody's a notamment abaissé jeudi la note principale d'Avon à Baa1 contre A3 auparavant, assorti de perspectives négatives, ce qui signifie qu'elle pourrait abaisser encore cette note à moyen terme.
Elle estime que "l'offre d'Avon, assortie de sources de financement crédibles, pourrait distraire l'équipe de gestion à une phase critique de la mise en place du redressement de l'entreprise".
Le patron de Coty insiste lui sur le fait que le dernier prix proposé représente une prime de 36% sur le cours d'Avon avant son offre initiale, qui avait été faite en mars de façon confidentielle pour 22,25 dollars l'action, et ce malgré "des perspectives qui se sont aggravées".
Il indique aussi qu'il lui faut évaluer l'impact des enquêtes pour corruption pesant sur les activités d'Avon en Chine.
Avon a annoncé début mai une chute de 82% de son bénéfice net pour le premier trimestre à 26,5 millions de dollars, en raison de "pressions sur les prix".
Coty précise que son tour de table inclurait son propriétaire, la famille austro-allemande Reimann, par l'intermédiaire de sa holding Joh. A. Benckiser.
Ses partenaires financiers comprendraient également le fonds BOT Capital Partners, JPMorgan Securities et aussi Berkshire Hathaway, holding du milliardaire américain Warren Buffett, un nom qui apporte du poids à l'offre de rachat.
Coty intime au CA d'Avon de répondre à cette "offre finale" d'ici au 14 mai et souligne que l'offre tient jusqu'au 31 mai.
L'action d'Avon, dont la valeur a diminué de plus de moitié en un peu moins de quatre ans, a clôturé en baisse de 3,29% à 20,89 dollars, illustrant le scepticisme des investisseurs sur la perspective de succès de la fusion.
Avon a nommé début avril une nouvelle directrice générale, Sheri McCoy, venue du géant de la pharmacie et de produits de grande consommation Johnson & Johnson, pour tenter de redresser les ventes du groupe, en remplacement d'Andrea Jung, qui dirigeait Avon depuis 1999 et qui reste présidente du CA.
AFP




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