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Comme dans les années trente, les "banksters" font la Une

ECONOMIE | Mis à jour le jeudi 19 juillet 2012 à 12h06

  • "La chasse aux banksters", titrait Libération ce 18 juillet, pour évoquer les enquêtes ouvertes contre les pratiques de certaines banques et de leurs dirigeants. Il faut dire que ceux-ci, certains de leur impunité, ont multiplié les pratiques scandaleuses. Les banquiers-voyous, voilà qui rappelle furieusement une autre époque...

    "Bankster": le terme est aujourd'hui largement utilisé sur les blogs, les sites et les pages des réseaux sociaux qui traitent d'économie. Déjà pointés du doigt pour leur rôle dans la crise des subprimes et leur refus de renoncer à leurs privilèges ou de changer les règles, les banquiers sont à nouveau cloués au pilori. Même un analyste pondéré comme Georges Ugeux en perd son sang froid: sur son blog, sous la photo explicite d'une banque barrée d'un ruban imprimé "scène de crime", il énumère les récents scandales: l'utilisation de fonds propres à des fins spéculatives pour JP Morgan, manipulation du taux Libor du marché interbancaire, délits d'initiés, blanchiment... N'en jetez plus. "Ces cas sont différents mais montrent une résistance fondamentale des dirigeants des institutions financières aux nouvelles (ou anciennes) réglementations. Se croient-ils au-dessus des lois ? Espèrent-ils ne pas être pris ? Ce sentiment de surpuissance est loin d’être éradiqué au sommet des institutions financières ou dans les salles de marché", estime l'ancien vice-président de la bourse de New York.

    Des "banksters", donc. Un terme popularisé dans les années cinquante notamment par l'économiste libertarien Murray Rothbard, inspirateur pourtant des théories économiques les plus libérales et partisan d'une absence totale de régulation de l'Etat. Aujourd'hui, à part dans les franges républicaines radicales et chez les partisans du Tea Party, on ne prête plus réellement attention à l'auteur de ce mot-valise. Mais le terme continue à faire florès à droite comme à gauche. Pas grand monde ne se souvient non plus que le terme avait connu une première vie et qu'il avait été forgé dans les années trente par un certain Léon Degrelle, fondateur du parti populiste d'extrême-droite belge Rex.

    Se débarrasser des "banksters" à grand coups de balais

    A l'époque, dans la foulée de la crise de 1929 et de la Grande dépression, les scandales financiers étaient également nombreux. Dans "Le Pays Réel", l'organe du rexisme, Degrelle y allait de ses diatribes envers les groupes sociaux qu'il jugeait responsables des maux du pays: les juifs, les métèques, les banquiers, aussitôt qualifiés de "banksters" dont il s'agissait de se débarrasser à grands coups de balais.

    Ce terme qui revient donc fleurir, 80 années plus tard, en Une des plus grands quotidiens, est-ce la marque que l'histoire repasse les plats ? ou une dérive populiste ? "Je crois qu'il faut être très prudent de manière générale avec les parallélismes, car les contextes sont très différents", nuance Chantal Kesteloot, historienne attachée au Centre d'études et de documentation Guerres et Sociétés contemporaines (CEGES). "Il y a certes un parallèle entre ce qui était en jeu à l'époque: l'assainissement du secteur bancaire après le krach de 29 et la distinction banques de dépôts / banques d'affaires", mais c'est à peu près tout selon l'historienne, qui aperçoit surtout dans la réutilisation du terme une volonté un peu facile d'épingler, de montrer du doigt, de procéder par raccourci... "La culture du devoir de mémoire peut toutefois amener à alerter l'opinion" admet néanmoins Chantal Kesteloot.

    "Bankster", un terme lourd de populisme ? "Il faut prendre du recul et ne pas faire d'obsession. Aujourd'hui son utilisation me fait plutôt sourire", dit-elle. Mais la chercheuse du CEGES relève toutefois que nos sociétés contemporaines ne sont jamais à l'abri des dérives. A l'époque du rexisme, l'échiquier politique était beaucoup plus marqué. Aujourd'hui, le vide idéologique du discours politique favorise une bien plus grande perméabilité entre les formations politiques comme on l'observe, souligne-t-elle, avec le siphonnage des voix et des mandataires d'à peu près tous les partis opéré par la N-VA en Flandre, à la faveur d'un discours qui ne répugne pas à faire appel aux effets faciles. Le choix des mots n'est jamais neutre...

    T.N.

     

    Derniers commentaires

    • de paul07 pendant ce temps, les chômeurs en espagne qui touchent le minimum ne peuvent quitter le pays sans perdre leur allocation. on pourrait parler de bien d'autres attaques sur le bien être du citoyen alors que les plus riches s'en sortent toujours comme l'a dit un prix nobel, on devrait pendre les banquiers et les politiques qui les soutiennent. quel honte cette europe et ces pays qui détruise notre humanité au profit des plus nantis.

      19-07-2012 13:25 | Répondre

    • de alanshore Pour ceux qui en doute, les banques nous font une guerre qui ne dit pas son nom. Chaque système n'obéit qu'à ses lois, et le système banquaire n'est pas le même que le nôtre. Notre système c'est "l'humain d'abord", le système banquaire c'est "le profit d'abord".

      19-07-2012 12:21 | Répondre

    • de Wallifornia « Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis » Thomas Jefferson (3ième président des Etats Unis,1802)

      19-07-2012 10:33 | Répondre

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  • Les banquiers-voyous, seuls responsables ou boucs-émissaires de la crise ?
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    Les banquiers-voyous, seuls responsables ou boucs-émissaires de la crise ?

    AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD
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    • Les banquiers-voyous, seuls responsables ou boucs-émissaires de la crise ?

      Les banquiers-voyous, seuls responsables ou boucs-émissaires de la crise ?

    • de paul07 pendant ce temps, les chômeurs en espagne qui touchent le minimum ne peuvent quitter le pays sans perdre leur allocation. on pourrait parler de bien d'autres attaques sur le bien être du citoyen alors que les plus riches s'en sortent toujours comme l'a dit un prix nobel, on devrait pendre les banquiers et les politiques qui les soutiennent. quel honte cette europe et ces pays qui détruise notre humanité au profit des plus nantis.

      19-07-2012 13:25 | Répondre

    • de alanshore Pour ceux qui en doute, les banques nous font une guerre qui ne dit pas son nom. Chaque système n'obéit qu'à ses lois, et le système banquaire n'est pas le même que le nôtre. Notre système c'est "l'humain d'abord", le système banquaire c'est "le profit d'abord".

      19-07-2012 12:21 | Répondre

    • de Wallifornia « Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis » Thomas Jefferson (3ième président des Etats Unis,1802)

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