Aller directement au contenu principal

Chypre: l'UE propose l'abandon de la taxation des petits dépôts

ECONOMIE | Mis à jour le mardi 19 mars 2013 à 6h32

  • Le Parlement chypriote a reporté à mardi son vote sur le plan de sauvetage européen sur l'île, où les banques ne rouvriront pas avant jeudi pour éviter une ruée aux guichets à cause de la très impopulaire taxe sur les dépôts, qui pourrait être abandonnée en-deçà de 100 000 euros.

    L'Institut de la finance internationale (IIF), le lobby des plus grandes banques mondiales, a aussitôt dénoncé un mauvais plan, estimant qu'"il était particulièrement malheureux" que les parties à l'origine de ce plan "aient accouché d'une mauvaise décision". Selon Hung Tran, premier directeur général adjoint de l'IIF, les dirigeants de l'Union européenne, de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI) ont "établi un précédent très dangereux" en touchant "à l'inviolabilité des dépôts bancaires garantis".

    Pour tenter de faire revenir le calme, la zone euro a demandé dans la soirée à Nicosie de ne plus taxer les déposants en dessous de 100 000 euros.

    "La zone euro est en faveur de zéro taxe pour les petits déposants", a indiqué une source à l'issue d'une réunion téléphonique des ministres des Finances de l'Union monétaire, mais à condition que la taxe continue à rapporter près de 6 milliards d'euros comme prévu.

    "La décision dépend des Chypriotes", a indiqué une autre source.

    Rétablir le tabou brisé

    Selon le communiqué officiel publié à l'issue de plus de deux heures de réunion de l'Eurogroupe, "les autorités chypriotes vont introduire plus de progressivité en ce qui concerne la taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires, à condition que (...) cela ne modifie pas le montant total de l'aide financière" des Européens et du FMI.

    "La zone euro continue de soutenir l'idée que les petits déposants doivent être traités différemment que les grands déposants et elle réaffirme l'importance de garantir totalement les dépôts en-deçà du seuil de 100 000 euros".

    En contrepartie d'un prêt de 10 milliards d'euros pour l'île au bord de la faillite, le gouvernement chypriote s'était engagé samedi à instaurer une taxe exceptionnelle de 6,75% sur tous les dépôts bancaires en-deçà de 100 000 euros et de 9,9% au-delà, ce qui devrait rapporter 5,8 milliards d'euros.

    Mais cette mesure a suscité la colère des Chypriotes, et de vives critiques à l'étranger. Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés lundi devant le Parlement en milieu d'après-midi, clamant "Non à l'euro", ou encore "Nous ne serons pas vos cobayes".

    Moscou a dénoncé comme "injuste" une taxe qui coûterait des milliards d'euros aux fortunes russes placées sur l'île, représentant au moins 20 milliards de dollars selon certains experts. Et Washington a appelé à une solution "responsable et juste".

    Les comptes avec moins de 100 000 euros représentent 30 des 67 milliards d'euros déposés dans les banques chypriotes. Un éventuel abandon de leur taxation obligerait le gouvernement à augmenter fortement, jusqu'à 15%, celle des comptes dépassant 500 000 euros.

    La Banque centrale européenne, l'un des trois bailleurs de fonds, s'est dite favorable à des amendements, tandis que Berlin affirmait que la répartition de la contribution de Chypre était "l'affaire du gouvernement chypriote".

    Le gouvernement chypriote doit trancher

    De son côté, le directeur général du Fonds de secours de la zone euro (MES), Klaus Regling, a mis en garde le gouvernement chypriote contre un assouplissement du plan de sauvetage, dans un entretien à paraître mardi.

    "La question de savoir qui, à Chypre, doit payer les coûts pour stabiliser le pays et ses banques, est uniquement du ressort du gouvernement chypriote. Mais à la fin, il faut qu´il y ait une contribution de Chypre d´un montant équivalent à ce qui a été conclu vendredi soir", a déclaré l´Allemand Regling au quotidien Bild.

    A la taxe sur les dépôts s'ajoutent des privatisations et une hausse de l'impôt sur les sociétés de l'île, longtemps perçue comme un paradis fiscal et soupçonnée de manquer de vigilance sur la provenance des fonds placés dans ses banques, en particulier depuis la Russie.

    Compte tenu des discussions en cours, le Parlement chypriote a une nouvelle fois reporté son vote à mardi en fin d'après-midi.

    Les débats risquent d'être houleux, le parti communiste Akel (19 députés) et les socialistes de l'Edek (5 sièges) ayant d'ores et déjà rejeté le plan de sauvetage, également critiqué au sein du Diko (centre-droit, 8 sièges), allié du Disy (droite, 20 sièges) du président Nicos Anastasiades.

    "Perte de confiance"

    La Banque centrale chypriote a annoncé que les banques resteraient fermées jusqu'à jeudi. Les détails de la taxe doivent être ratifiés avant la réouverture des banques afin d'éviter des retraits massifs pour esquiver le prélèvements.

    Signe de l'inquiétude des investisseurs, les marchés financiers se sont tous repliés lundi. Dans la foulée des Bourses européennes, le Dow Jones a lâché 0,43% et le Nasdaq 0,35% à New York.

    Chypre est le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d'un programme d'aide internationale, mais la décision radicale et inédite de taxer tous les dépôts bancaires a pesé lundi sur les marchés financiers.

    "Cette solution lève un tabou aux conséquences considérables pour l'ensemble du système bancaire européen", a souligné la banque française CM-CIC.

    Le président chypriote Anastasiades a tenté de rassurer dimanche en expliquant que les déposants recevraient, en échange des prélèvements, des actions dans les banques touchées par la crise, et, sous conditions, des obligations alimentées par les revenus du gaz naturel.

    Les très nombreux Britanniques ayant pris leur retraite à Chypre sont eux aussi sous le choc. "Il y a des gens qui ont apporté tout leur argent ici. C'est un braquage en plein jour", estime l'un d'eux, Michael Jarvis.


    AFP

    Voir

    Faire un commentaire

    • Merci de respecter la charte des commentaires,
      sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
    • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
  • Le président chypriote Nicos Anastasiades (3e g) serre la main du président du Parlement Yiannakis Omirou (2e d), le 18 mars 2013 à Nicosie
    Image précédente

    Le président chypriote Nicos Anastasiades (3e g) serre la main du président du Parlement Yiannakis Omirou (2e d), le 18 mars 2013 à Nicosie

    Stavros Ioannides
    Image suivante
    • Le président chypriote Nicos Anastasiades (3e g) serre la main du président du Parlement Yiannakis Omirou (2e d), le 18 mars 2013 à Nicosie

      Le président chypriote Nicos Anastasiades (3e g) serre la main du président du Parlement Yiannakis Omirou (2e d), le 18 mars 2013 à Nicosie

Les suggestions du jour

  • Liège : une "Seconde Peau" pour les familles en difficulté

    21 décembre 2014, 11:51

    C'est à Liège que se trouvent les locaux de "Seconde Peau-Apalem", ce projet fait partie des 33 associations qui ont été aidées l'an dernier par Viva for Life. L'objectif de cette campagne est d'améliorer les conditions de vie des bébés et des...

  • Meurtre d'un ancien facteur à Onhaye: un casse-tête juridique inédit

    20 décembre 2014, 11:38

    Douze ans d’enquête et de procédure n’ont pas encore permis à la justice de faire la lumière sur la mort de José Dejimbe, un facteur retraité d’Onhaye retrouvé agonisant à son domicile en mars 2003. Deux jeunes sont soupçonnés (un troisième...

  • Dix ans après le tsunami: Pôd et Ching, deux vies thaïs bouleversées

    20 décembre 2014, 07:05

    Pôd et Ching étaient des amis de longue date. En 2002, ils ouvraient ensemble, avec un troisième comparse, sur la plage, devant le complexe Blue Village, essentiellement constitué de bungalows typiques, un bar et un restaurant familial. Le tsunami de...

L'actualité en images

JT 19h30

dimanche 21 décembre 2014

Polémique autour des vacances du Roi

dimanche 21 décembre 2014

Le solstice d'hiver

dimanche 21 décembre 2014

L'empire Franco Dragone

dimanche 21 décembre 2014

2 policiers tués aux USA

dimanche 21 décembre 2014

Fukushima : rénovation de la centrale

dimanche 21 décembre 2014

Derniers achats de Noël avant le rush

dimanche 21 décembre 2014

Faire du ski sur un terril

dimanche 21 décembre 2014

Départ B-fast vers la Guinée

samedi 20 décembre 2014

L'Ourthe en phase de pré alerte

samedi 20 décembre 2014

Réforme fiscale de Reynders

samedi 20 décembre 2014

Viva For Life

samedi 20 décembre 2014

Journal des sports

dimanche 21 décembre 2014

Météo aujourd'hui

dimanche 21 décembre 2014

JT 13h

dimanche 21 décembre 2014

Météo 13h30

dimanche 21 décembre 2014

Faire du ski sur un terril

dimanche 21 décembre 2014

Toutes les vidéos de l'info
Les cours de la Bourse en temps réel

Vu sur le web

Dernière Minute