"Ce plan porte une stratégie industrielle nouvelle en réinventant l'automobile française progressivement", a fait valoir le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.
Il s'agit de faire de la voiture propre "un objet de la vie quotidienne de tous les Français (...) y compris les classes populaires et moyennes qui doivent pouvoir elles aussi sortir dans un horizon assez proche de la dépendance énergétique".
Mesure phare de ce plan, le coup de pouce au bonus pour les véhicules les moins polluants (7000 euros contre 5000 pour l'électrique, 4000 contre 2000 pour l'hybride, et des augmentations moindre pour les moteurs thermiques les moins polluants).
Il en coûtera au total 490 millions d'euros l'an prochain, qui devraient être presque totalement compensés par un doublement du malus sur les voitures les plus polluantes, qui émettent plus de 180 g/CO2/km.
L'Etat s'engage aussi aussi à ce qu'une voiture sur quatre qu'il achète soit hybride ou électrique, et veut convaincre les collectivités de faire de même pour arriver à environ 11.000 véhicules par an.
Stimuler le recyclage
Arnaud Montebourg souhaite également stimuler la filière du recyclage, un vivier potentiel d'emplois.
Sur le volet financier, outre les 490 millions du bonus, environ 175 millions d'euros viendront soutenir les entreprises de la filière, notamment dans leurs investissements et leur trésorerie. Le reste est constitué de dépenses maintenues (710 millions d'euros) ou réorientées (600 millions d'euros).
Enfin, la France devrait demander à Bruxelles de se pencher sur l'accord de libre échange UE-Corée, accusé d'ouvrir la porte de l'Europe aux voitures coréennes très compétitives
"Pérennisation des sites"
En échange des aides, "nous demandons la pérennisation des sites", a déclaré Arnaud Montebourg, sans préciser les sites concernés, et notamment le maintien en France des laboratoires de recherche et développement.
Le plan du gouvernement "s'inscrit avec une très, très grande détermination dans le redressement de la filière automobile, c'est un acte extrêmement important, il faut faire face aux urgences, celles des plans sociaux", a déclaré Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, à l'occasion du Conseil des ministres qui l'a validé.
Le président François Hollande a salué un "plan global" et "inscrit dans la durée", selon la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem.
Mauvais résultats
Les aides à l'innovation sont "excellente chose" a réagi Philippe Varin, patron de PSA, la locomotive de la filière automobile française qui a publié de très mauvais résultats financiers dans la matinée.
Le groupe, qui a commotionné l'ensemble du secteur et le gouvernement en annonçant le 12 juillet un plan de suppression de 8000 postes et la fermeture prochaine du site d'Aulnay-sous-Bois, a subi une perte nette de 819 millions d'euros au premier semestre, largement supérieure aux attentes des analystes.
L'agence de notation Fitch a abaissé d'un cran la note de PSA, à "BB", après ces résultats, faisant plonger l'action. Le titre limitait la casse (-0,26% à 6,22 euros, dans un marché en hausse de 0,94%) grâce aux annonces de mesures d'économies de 1,5 milliard d'euros à l'horizon 2015.
Sur le plan social, le Comité central d'entreprise (CCE) se poursuivait au siège parisien du groupe, avenue de la Grande Armée.
En attendant, les élus du personnel estiment avoir marqué un point en demandant à l'unanimité la désignation d'un expert-comptable pour examiner les finances du groupe.
Il devrait débuter sa mission le 27 août, ce qui permet de repousser "provisoirement la machine à licencier". "C'est un petit point mais dans la longue guerre qu'on va mener, il n'y a pas de petits pas", a déclaré Jean-Pierre Mercier, délégué CGT chez PSA Peugeot Citroën.
Plusieurs centaines de salariés venus des sites d'Aulnay et de Rennes s'étaient réunis devant le bâtiment parisien au pied d'une banderole "Non à la fermeture de PSA Aulnay", tandis que dans un brouhaha terrible certains salariés criaient "Varin assassin !"
Ce CCE intervient après plusieurs jours de tension avec le gouvernement. Outre la fermeture d'Aulnay-sous-Bois, PSA veut réduire l'activité à Rennes (Ille-et-Vilaine) et l'impact pour les autres sites.
"Le projet deviendra plan dans la forme qui résultera de la consultation j'espère d'ici à la fin de cette année", a déclaré M. Varin à la presse.
Réactions sceptiques
Jean-Marc Ayrault, qui s'est impliqué dans le dossier, a reçu mercredi matin Carlos Ghosn, le patron de l'autre constructeur français, Renault, qui n'a fait aucun commentaire sur le plan.
A droite, le plan a été accueilli par des réactions très sceptiques.
"Faire l'impasse sur la baisse du coût du travail aujourd'hui, c'est criminel", a déclaré la députée UMP des Yvelines Valérie Pécresse.
AFP




![[x]](http://www.static.rtbf.be/rtbf/www/images/common/old_browser/close.png)









