Une Syrie aux relents de guerre froide: une carte pour tout comprendre

Principales frappes aériennes américaines, russes et françaises en Syrie et dans le nord de l'Irak
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Principales frappes aériennes américaines, russes et françaises en Syrie et dans le nord de l'Irak - © iRTBF - Cynthia VENTURA - Adeline LOUVIGNY

La Russie mène des frappes aériennes en Syrie depuis ce 30 septembre 2015. C’est une nouvelle étape dans ce conflit qui cristallise les tensions politiques mondiales, spécialement entre les États-Unis et la Russie.

Comme le montre notre infographie ci-dessous, la Syrie est divisée en plusieurs zones d’occupation, avec quatre acteurs majeurs : le régime syrien de Bachar el-Assad; l’opposition "modérée", dont l’Armée syrienne libre (ASL); l’opposition extrémiste composée du groupe terroriste État islamique et d’autres groupuscules djihadistes; et, enfin, les rebelles kurdes, alliés du PKK (parti travailliste kurde).

Les frontières des zones d’occupation ne sont pas définitives et restent très floues, l’avancement d’un camp se faisant souvent à un niveau très local.

Du point de vue mondial

Si l’on change d’échelle et que l’on considère le conflit globalement, beaucoup de pays sont impliqués dans le conflit en Syrie. Les plus grands acteurs sont les États-Unis, sous le couvert d’une coalition arabo-occidentale (comprenant notamment la France et l’Arabie Saoudite), et la Russie.

Pourtant, leurs objectifs diffèrent radicalement, comme le montre la localisation des frappes aériennes en Syrie et dans le nord de l’Irak. Les Américains visent surtout les zones occupées par le groupe terroriste État islamique, alors que la majorité des frappes russes se concentrent dans une zone autour d’Alep occupée par des rebelles "modérés". D’autres frappes russes ont touché des zones contrôlées par l'État islamique, mais elles sont minoritaires par rapport aux autres interventions.

Tous sous le couvert de la lutte contre le terrorisme

Cette localisation des frappes s’explique par les soutiens de chacun : les Américains sont alliés avec l’Armée syrienne libre, tandis que la Russie soutient Bachar el-Assad. Les dernières interventions russes ont d’ailleurs permis, selon le général syrien Ali Abdallah Ayoub, à l’armée du régime syrien de lancer une offensive dans la province de Hama.

"Ils brandissent tous l’argument de la lutte anti-terroriste pour arriver à leurs fins, commente Didier Leroy, chercheur à l’École royale militaire et au Centre d’études de la coopération et du développement de l’ULB. Le problème est que l’opposition au régime syrien est très hétérogène, les différentes milices qui la composent n’arrivent pas à s’unir. Aucun des camps n’aura de victoire nette, éclatante. Il faudra de toute façon passer par une solution politique. Et chacun cherche à infléchir l’autre militairement, afin de placer ses pions pour les futures négociations."

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