L'armée doit en principe cesser toutes ses opérations le 10 avril, dans deux jours à peine. L'opposition devrait alors cesser le feu 48 heures plus tard. C'est ce que l'ONU a proposé. Et c'est ce que Damas a accepté. Mais d'ici là, tous les coups semblent permis.
Le régime du président Bachar al-Assad a ainsi annoncé ce dimanche qu'il ne retirera pas ses forces armées déployées dans les villes syriennes avant d'obtenir des "garanties écrites" de l'opposition, a indiqué le ministère syrien des affaires étrangères dans un communiqué. "Dire que la Syrie va retirer ses forces des villes à la date du 10 avril est inexact, (l'émissaire international) Kofi Annan n'ayant pas encore présenté de garanties écrites sur l'acceptation par les groupes terroristes armés de l'arrêt de toute forme de violences et leur volonté de livrer leurs armes afin d'étendre le pouvoir de l'Etat sur tout le sol" syrien, affirme le communiqué.
"Kofi Annan n'a pas non plus présenté d'engagements écrits des gouvernements du Qatar, de l'Arabie saoudite et de la Turquie sur l'arrêt de leur financement des groupes terroristes", ajoute le ministère syrien.
Ces trois pays ont fortement appuyé l'opposition syrienne ces derniers mois, l'Arabie saoudite et le Qatar se déclarant même en faveur de l'envoi d'armes aux rebelles.
Et le ministère d'annoncer: "la Syrie ne va pas répéter ce qui s'était passé lors de la présence des observateurs arabes, quand les forces armées étaient sorties des villes, ce qui avait permis aux groupes terroristes armés de se réorganiser et de se réarmer pour contrôler des quartiers entiers, commettant tous les actes terroristes possibles, tuant et kidnappant les gens et détruisant les propriétés publiques et privées".
Regain de violences
Samedi, 74 civils ont péri dans des bombardements, essentiellement dans le région de Hama, au centre du pays. Des déserteurs et des soldats ont aussi été tués dans différentes régions, toujours selon les chiffres de l'Observatoire syrien des Droits de l'Homme.
Le secrétaire général de l'ONU estime que ce regain de violences viole la position de l'ONU. La promesse du président Bachar al-Assad de cesser les opérations militaires dès ce mardi ne peut servir de prétexte pour continuer à tuer, a-t-il indiqué.
Ban Ki-Moon se préoccupe également de la crise humanitaire qui empire. Le nombre de réfugiés fuyant essentiellement vers la Turquie augmente. Ils étaient ainsi 3000 vendredi et plus de 700 ce samedi. On approche désormais les 25 000 réfugiés.
La Turquie ne compte pas fermer ses portes mais demande à l'ONU d'adopter une position plus ferme à l'égard de la Syrie.
PIAB, avec Anina Meeus




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