Attentats à Bruxelles: des questions se posent autour du cas d'Oussama Atar

Le président du comité R, Guy Rapaille, a livré aux parlementaires un exposé retraçant le suivi du dossier.
Le président du comité R, Guy Rapaille, a livré aux parlementaires un exposé retraçant le suivi du dossier. - © THIERRY ROGE - BELGA

La commission d'enquête parlementaire sur les attentats terroristes posera de nouvelles questions aux services de renseignement et de sécurité à propos du cas d'Oussama Atar soupçonné d'avoir joué un rôle important dans les attaques qui ont frappé Paris et la Belgique. Elle pourrait également entendre ou réentendre des acteurs de ce dossier, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Arrêté par les forces américaines pour être entré illégalement en Irak, condamné en 2005 et emprisonné dans ce pays, ce ressortissant belgo-marocain a été libéré en 2012, renvoyé vers la Belgique avant de quitter le pays fin 2013. Il est soupçonné d'avoir joué joué un rôle de coordinateur et de planificateur des attentats de novembre 2015 et mars 2016, une affirmation qu'il a toutefois démentie dans une lettre à sa mère.

Le président du comité R, Guy Rapaille, a livré aux parlementaires un exposé retraçant le suivi du dossier par les services de renseignement depuis 2005. Si l'on ne peut conclure à ce stade qu'Oussama Atar a bien joué le rôle qu'on lui prête, des questions se posent et doivent être éclaircies, estiment plusieurs commissaires.

Plusieurs interrogations de taille

A la suite d'une visite en 2006, la Sûreté de l'Etat a conclu au peu de dangerosité du personnage. Pourtant il sera question dans son parcours de contacts avec l'un des cadres d'Al Qaïda, Abou Moussab Al Zarkaoui (et même d'une tentative d'évasion avec celui-ci), et le futur calife auto-proclamé de l'Etat islamique, Abou Bakr Al Baghdadi, tous deux passés par les mêmes prisons que lui.

En 2010, une campagne est menée en faveur de la libération d'Oussama Atar en raison de son état de santé. Ainsi que l'avaient déjà indiqué des articles de presse, la Belgique semble avoir fait preuve d'empressement pour obtenir son retour alors que sa peine en Irak approchait de son terme. Là encore des questions se posent: sur la surveillance manifestement réduite dont il a fait l'objet en Belgique, sur la délivrance d'un passeport ou sur la classification du niveau de menace qu'il représente (3 selon l'OCAM, 2 selon la Sûreté).

Les commissaires n'ont pas obtenu de réponse sur le rôle éventuel d'informateur qu'Oussama Atar aurait joué.

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