Route des Balkans: les terribles images d'une crise humanitaire en cours

Une enfant joue sur les rails qui longent le camp de fortune dans lequel s'entassent des réfugiés piégés par la fermeture de la route des Balkans, près du village d'Idomeni, à la frontière entre Grèce et Macédoine
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Une enfant joue sur les rails qui longent le camp de fortune dans lequel s'entassent des réfugiés piégés par la fermeture de la route des Balkans, près du village d'Idomeni, à la frontière entre Grèce et Macédoine - © LOUISA GOULIAMAKI - AFP

La "route des Balkans" encore empruntée ces derniers jours par des centaines de Syriens et d'Irakiens n'est, de facto, plus praticable depuis ce mercredi. Slovénie, Serbie, Croatie, Macédoine ont abruptement fermé leurs frontières, malgré la situation sur le terrain, situation qui a accentué encore l'urgence humanitaire, notamment dans les zones frontalières entre la Grèce et la Macédoine. 

Dans le no man’s land entre Macédoine et Serbie, à quelques centaines de mètres du "centre de transit" de Tabanovce, où s’entassent plus d’un millier de réfugiés, dans un champs, quelques bâches indiquent que l’on se trouve dans un camp de fortune.

"Les conditions sont épouvantables, il pleut énormément", explique Benjamin Illy, reporter à France Inter. "Un papa vient de me ramener un biberon pour son bébé qui a besoin de lait. Mais il n’y a pas de lait", constate avec amertume Raja M’Séfer Berrada, directrice adjointe de l’UNICEF en Macédoine.

Il n’y aura bientôt plus personne de vivant avec ce froid

Les nouveaux arrivants, venus par train, sont tous des Syriens, indique-t-elle. Ils sont plusieurs centaines, entassés sous ces bâches, les pieds dans l’eau, tentant de lutter contre le froid malgré leurs vêtements mouillés.

La Macédoine leur a octroyé des papiers, mais ils ne peuvent pas passer du côté serbe de la frontière: la police serbe vient de les refouler, comme l’explique Abu Muhamad. Ils ne peuvent plus non plus revenir en Macédoine. Ils sont piégés dans cette zone frontière.

Lui a fui les combats qui martèlent la ville d’Idlib et sauver sa vie et celle de sa famille. Mais dans ces conditions, il craint désormais que ce soit un autre destin funeste qui leur tende les bras. "Il n’y aura bientôt plus personne de vivant avec ce froid, surtout parmi les enfants", avertit- il. "Nous avons quitté la mort, pour nous retrouver dans la mort."

Pour ces réfugiés syriens, la fermeture de la route des Balkans crée une impasse qui a déjà de lourdes conséquences humaines.

Un calvaire inimaginable

A la frontière entre la Grèce et la Macédoine, la situation est comparable, les réfugiés vivent dans les mêmes conditions inhumaines et ici aussi le froid menace la santé de ces hommes, femmes et enfants qui fuient la guerre, ont survécu à la traversée vers l'Europe et ne sont pourtant toujours pas hors de danger.

Les images de leur calvaire sont édifiantes. En voici quelques-unes, issues des camps improvisés dans une zone frontalière située près du village d'Idomeni où sont bloqués des milliers de réfugiés irakiens et syriens.

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