Mohamed Abdeslam: "Je préfère voir mon frère en prison plutôt qu'au cimetière"

Mohamed Abdeslam demande à son frère Salah, toujours activement recherché, de se rendre "pour qu’il puisse nous apporter des réponses à nous, sa famille mais aussi aux gens et aux familles des victimes. Nous préférons le voir en prison plutôt que dans un cimetière", a-t-il expliqué. Pour l'instant, Mohamed est partagé entre la tristesse et la colère vis-à-vis de son frère Brahim alors que de très nombreuses questions restent posées concernant Salah.

"Partis au ski"

Dans la famille Abdeslam, toute cette histoire reste parfois très difficile à gérer. Embarqué dans un tourbillon médiatique hors de sa portée, Mohamed Abdeslam affirme toujours n’avoir rien détecté chez ses frères et n’avoir jamais été au courant de quoi que ce soit: "J’ai vu mes frères 2 à 3 jours avant leur départ. Il n’y avait aucun signe. Il n’y a pas eu d’adieu, pas d’au revoir. J’étais proche de mes frères, ils faisaient partie de ma vie, nous avions des conversations banales. Ils ont découché dans la nuit de mercredi à jeudi. Rien de très alarmant, ça arrivait régulièrement, ils sont jeunes. Je ne me suis pas inquiété". En rentrant du travail, Mohamed discute avec sa mère qui "m'a appris qu'ils sont partis en voyage d'hiver, au ski". Elle les croit "naïvement".

Salah était suivi par la Sûreté de l’Etat, Brahim avait tenté de se rendre en Syrie, mais Mohamed Abdeslam affirme n’avoir jamais été au courant. Et lorsqu’on lui demande s’il comprend que ça reste difficile à croire, il répond que "Si le juge m’a relâché, c’est parce que j’ai apporté des éléments qui ont montré que je n’avais rien à voir avec tout cela, que je n’étais pas à Paris. J’ai donné mon gsm, je n’avais rien à cacher".

Pas radicalisés mais manipulés

Mohamed Abdeslam n’a pas vu la radicalisation des ses frères Salah et Brahim, qui s'est fait sauter le 13 novembre à Paris: "Il y a 6 mois, j’ai vu un changement dans leur comportement. Mais le fait de vivre plus sainement, de prier, de ne plus boire d’alcool, d'aller à la mosquée de temps en temps, ce n’est pas directement un signe de radicalisation. Il n'y avait pas de discours laissant penser à une radicalisation".

Convaincu que ses frères ont été manipulés plutôt que radicalisés, Mohamed garde en tout cas l’espoir que Salah a changé d’avis au dernier moment en se rendant à Paris et n’a pas participé aux attaques sanglantes de Paris: "Salah est très intelligent. En dernière minute il a décidé de rebrousser chemin. Il a vu quelque chose qui ne correspondait pas à ce qu’il attendait et a reculé. Je rappelle qu’à l’heure actuelle, nous ne savons toujours pas s’il a vraiment tué, s’il était vraiment sur les lieux". D’où l’appel qu’il fait à son frère: "Rends-toi".