Salah Abdeslam: une enquête classée sans suite en juin 2015 par le parquet fédéral

Une enquête sur Salah Abdeslam a été classée sans suite en juin 2015. Cette information sera débattue à huis clos cette semaine au parlement dans le cadre de l'enquête sur la manière dont la police et les services de renseignement ont travaillé avant les attentats du 13 novembre à Paris. Une enquête sur l’enquête dont les résultats ne sont pas définitifs.

Comment en est-on arrivé à classer l'enquête sans suite?

En janvier 2015, deux semaines après la fusillade de Verviers, la police locale de Molenbeek recueille une information de quartier sur les frères Abdeslam. A ce moment personne ne leur connait de lien avec du terrorisme. Ils n'apparaissent dans aucune banque de données policière.

Selon les informations recueillies dans leur quartier, Salah Abdeslam et son frère ont l’intention de rejoindre la Syrie pour combattre sous la bannière du groupe terroriste État islamique. Le 30 janvier 2015, la police locale va alors rédiger un procès-verbal d’information. C’est donc la police locale qui tient le bon filon. Et c'est grâce à elle que l’enquête démarre officiellement.

Un signalement national et international en urgence sera alors lancé pour entendre Salah Abdeslam. Il sera auditionné le 28 février.

Salah Abdeslam va évidemment dissimuler ses véritables intentions. Il admettra connaître Abaaoud comme ancien copain de quartier sans plus.

Enquête reprise par le parquet fédéral

L'affaire n'ira pas plus loin pour la police locale. Car l'enquête sera reprise le même jour par le parquet fédéral pour être confiée à la police fédérale de Bruxelles compétente pour le terrorisme.

La police judiciaire fédérale sera alors chargée de vérifier les éléments transmis par la police locale. Les Abdeslam n'étant pas considérés à ce moment comme des personnes menaçantes, la police fédérale sera chargée de réaliser une enquête de contextualisation. C'est-à-dire  compiler la documentation policière existante sur les personnes ciblées par l'enquête.

Seul signe que l'information repose sur une base tangible, le 20 mars 2015, le  nom de Salah Abdeslam sera intégré sur la liste "Syrie" de l'OCAM (office de coordination de la menace) en catégorie 5, soit les personnes susceptibles de s'être rendues en Syrie pour y prendre part à la lutte armée.

Mais le 8 mai 2015, la police fédérale conclura dans son procès-verbal qu'aucun élément ne permet de confirmer les informations venant de la police locale.

Le 29 juin l'affaire sera classée sans suite par le parquet fédéral.

Un mois plus tard Salah Abdeslam se rendra en Grèce avec Ahmed Dhamani, l'homme suspecté d'avoir effectué les repérages pour les attentats du 13 novembre à Paris. Le 9 septembre, Salah Abdeslam ira récupérer en Hongrie  deux complices qui sont impliqués dans les attentats de Paris.