Didier Reynders: Salah Abdeslam "était prêt à recommencer quelque chose"

Le vice-Premier ministre fédéral et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) a indiqué ce dimanche au Brussels Forum que, si Salah Abdeslam s'était bien interrompu avant de se faire sauter au Stade de France, il "était prêt à recommencer quelque chose" (extrait ci-dessus après de 7 minutes). Ajoutant que c'était "peut-être la réalité".

Les revendications étaient prises très au sérieux, a-t-il également assuré, car les autorités avaient "trouvé beaucoup d'armes, des armes lourdes, lors des premières perquisitions et découvert un nouveau réseau d'individus autour de lui à Bruxelles".

"Il y a de nombreux réseaux, pas seulement des membres de sa famille ou des gens qui ont la même idéologie que lui, mais il y a aussi de nombreux liens entre ceux que l'on appelle communément les terroristes et les criminels. Ils utilisent les mêmes outils, les mêmes voitures, les mêmes appartements, les mêmes emplacements. Et pas seulement à Bruxelles. Nous l'avons vu à Paris après les attaques terroristes", a encore ajouté le ministre lors de ce colloque annuel organisé par l'institut américain German Marshall, qui dit réunir les plus influents leaders politiques, économiques et intellectuels d'Europe et d'Amérique du Nord.

Après les attentats de Paris, Didier Reynders avait évoqué une dizaine de suspects, disposant d'armes lourdes, encore recherchés dans un entretien accordé à la chaîne américaine ABC News. Faisant référence à cette interview, il commente ce dimanche : "Nous avons trouvé plus que cela depuis novembre, pas seulement en Belgique, mais aussi en France. Et nous sommes sûrs, pour le moment, que nous avons trouvé plus de trente personnes impliquées dans les attaques terroristes de Paris. Mais nous sommes sûrs qu'il y en a d'autres".

Moins affirmatif ensuite

Contacté par nos soins, il est revenu sur ses propos indiquant "avoir rappelé ce que le procureur de la république a annoncé, c'est à dire que Salah Abdeslam était prêt à participer aux attentats de Paris, autour du stade de France et j'ai ajouté qu'au vu des éléments dont nous disposons, en fonction de ce que le parquet fédéral a communiqué, l'enquête devra aussi vérifier si d'autres actes étaient en préparation au départ de Bruxelles".

Le vice-Premier ministre rappelle toutefois qu'avec "ces éléments, ce sont notamment des armes lourdes qui ont été récupérées lors des perquisitions à Forest mais également des comparses. L'un a été abattu à Forest, un autre a été arrêté lors des perquisitions à Molenbeek donc on se pose des questions sur ce qui était en cours ou non depuis les attentats de Paris. L'arsenal, trouvé en tout cas à Forest, laisse planer une certaine inquiétude sur ce qui aurait pu être préparé. On a un peu le sentiment que l'on a évité un drame, qu'on a probablement évité un drame. lors des opérations de Verviers on avait aussi retrouvé plusieurs personnes et un arsenal"

Annonce anxiogène

Lorsqu'on lui fait remarquer le côté anxiogène de tels propos pour la population, Didier Reynders se défend: "Un certain nombre d'entre eux (les terroristes) ont été abattus ou se sont fait exploser à Paris, un certain nombre sont fort heureusement en prison aujourd'hui et feront l'objet d'une enquête. Il y en a encore quelques uns que l'on recherche, c'est connu, mais ça explique surtout le niveau de la menace qui est maintenue par l'OCAM au niveau 3. Ce n'est pas un niveau anodin et je crois qu'il faut être conscient de ce type de risques".

Le procureur fédéral ne contredit pas

Interrogé par la VRT, le procureur fédéral Frédéric De Leeuw a nuancé: "A-t-on vraiment déjoué une attaque? On ne peut jamais le savoir avec certitude. Mais la chance que quelque chose se passe était certainement grande".