Abdeslam s'est enfui lors d'un déménagement avant l'assaut des forces spéciales

Le suspect numéro 1 dans l'enquête des attentats de Paris, Salah Abdeslam, se trouvait à Molenbeek, jusqu'au 16 novembre en matinée. Mais ce jour-là, alors qu'il était pourtant surveillé, il est passé entre les mailles du filet.

Les enquêteurs avaient la certitude qu'Abdeslam se trouvait au numéro 47 de la rue Delaunoy à Molenbeek.

Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) a évoqué cette possibilité lors d'un entretien accordé à nos confrères de la chaîne flamande VTM. Interviewé sur le déroulement de l'enquête relative aux attentats de Paris, Koen Geens "révèle que Salah Abdeslam se serait vraisemblablement trouvé dans une habitation de Molenbeek-Saint-Jean, deux jours après les attentats de Paris, une position connue par les services de renseignements".

Caché dans un meuble ou dans véhicule ?

Ce matin-là, trois jours après les attentats, les unités spéciales ont pris d'assaut ce bâtiment de la rue Delaunoy, mais Abdeslam ne s'y trouvait finalement pas. On détecte toutefois des traces de son passage lors de la perquisition, ce qui amène à la conclusion que le suspect est parvenu à filer avant l'intervention des forces de l'ordre.

De quelle manière ? L'hypothèse la plus probable est qu'il a été exfiltré par des complices. Des complices qui auraient, selon nos informations, profité du va-et-vient des voitures et d'un déménagement pour dissimuler Salah Abdeslam, soit dans un véhicule, soit peut-être dans un meuble. C'est aujourd'hui l'hypothèse qui est privilégiée par les enquêteurs, nous confirme-t-on.

S'est-il senti repéré ? Ou avait-il prévu de changer régulièrement de planque ? Le parquet fédéral ne souhaite pour l'instant pas commenter nos informations.

Perquisitions uniquement entre 5 et 21 heures

Mais pour quelles raisons l'ennemi public numéro 1 n'a-t-il pas été interpellé plus tôt ? Car la loi du 7 juin 1969 exige que, sauf exception dont le terrorisme ne fait pas partie, les perquisitions n'aient lieu qu'entre 5 heures du matin et 9 heures du soir. Le Code d’instruction criminelle prévoit que la perquisition doit être ordonnée par un juge d’instruction en charge de l’enquête, même s’il n’est pas obligé d’y assister personnellement.

Résultat: la police a du attendre d'obtenir un mandat de perquisition. Et celui-ci ne serait arrivé que le lundi en fin d'après-midi.

Le parquet relativise, les sources confirment

Le parquet fédéral nuance toutefois ces propos. "Nous avions une information indiquant que Salah pouvait ou avait pu se trouver dans l'habitation en question. Une perquisition a donc été effectuée et n'a rien livré. Affirmer qu'on n'a pas pu l'arrêter parce que nous ne pouvions pas effectuer de perquisitions entre 21h00 et 05h00 et qu'il s'est échappé durant cette tranche horaire, est une extrapolation."

Pourtant, certaines de nos sources proches du dossier confirment bel et bien la présence du présumé terroriste qui aurait réussi à prendre la fuite avant l'intervention des unités spéciales.