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BNP Paribas pourrait perdre 350 millions dans la fraude Madoff

14.12.08 - 21:38

Des investisseurs parmi les plus riches et puissants de la planète auraient été dupés, pendant des années parfois, par le gérant financier en vue de New York, Bernard Madoff, accusé d'avoir mis en place une gigantesque fraude pyramidale. BNP Paribas pourrait y perdre 350 millions d'euros.

La banque française BNP Paribas a annoncé dimanche dans un communiqué qu'elle pourrait perdre 350 millions d'euros dans l'escroquerie du gérant de fonds américain Bernard Madoff. Elle avait, dans un premier temps, parlé de pertes limitées.

La première banque espagnole Santander a, elle, annoncé que les clients de son fonds spéculatif Optimal étaient exposés à hauteur de 2,33 milliards d'euros.

Selon le Wall Street Journal, des banques comme Nomura Holdings à Tokyo et Neue Privat Bank à Zurich seraient également exposées. Selon le journal ABC, le gérant de fortunes espagnol M&B Capital Advisor serait exposé pour un montant de 558 millions de dollars dans des produits de la société de Bernard Madoff.

En Suisse, les banquiers de la place financière de Genève pourraient perdre jusqu'à cinq milliards de dollars dans la fraude, indique samedi le quotidien suisse Le Temps. L'Union bancaire privée, numéro un mondial des hedge funds, "risquerait de perdre au moins un milliard", assure encore Le Temps.

Arrêté jeudi, Bernard Madoff, 70 ans, un célèbre gestionnaire de fonds de Wall Street et ancien président du conseil d'administration du Nasdaq, l'une des deux grandes bourses de New York, est accusé d'avoir monté une gigantesque fraude pyramidale. L'escroquerie a été mise au jour lorsque ses clients ont voulu retirer le capital qu'ils avaient placé et découvert que les coffres du gérant étaient vides.

S'adressant à son personnel, l'homme d'affaires a déclaré qu'il "était fini, n'avait plus rien et avait perdu environ 50 milliards de dollars", ont indiqué jeudi le parquet de New York et le FBI. Il a été libéré contre une caution de 10 millions de dollars.

Pendant des décennies, le conseiller en investissements a été l'un des piliers de Wall Street, à la réputation impeccable, fréquentant les milieux influents et cultivant une liste de clients exclusifs. La SEC (Securities and Exchange Commission), le gendarme boursier américain, a affirmé que Bernard Madoff avait toujours obtenu de forts retours sur investissements, en utilisant des fonds frais apportés par de nouveaux clients.

Malgré ces surprenants forts retours sur investissements et le fait que des entreprises inconnues ou presque réalisaient ses audits, la SEC "est apparue totalement surprise" à l'annonce de l'arrestation du gérant, selon le New York Times. "Malgré ces clignotants au rouge, les hedge funds (des fonds spéculatifs, ndlr) ont continué de faire la promotion des fonds de Madoff auprès d'autres fonds ou portefeuilles", écrit le journal.

(D'après Belga)

 

 

 

Crédit photo : EPA
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