On en sait un peu plus à présent sur la manière dont le gouvernement entend réduire le chômage en réduisant les allocations de chômage.[1] Ces mesures avaient été adoptées dans la précipitation et sous la pression des agences de notation en décembre dernier. La majorité parlementaire (socialistes, libéraux et chrétiens-démocrates-humanistes) les avait adoptées le petit doigt sur la couture du pantalon. Il restait à les mettre en œuvre. Ce ne sera pas le cas avant le 1er novembre prochain. Soit juste après les élections communales, un hasard sans doute… De plus, avec une mise en route aussi tardive, cela n’aura pratiquement aucun effet sur le budget de cette année, qui compte réaliser plus de 13 milliards d’économies. Il faudra dès lors peut-être également revoir la copie budgétaire.
Quel est le principe en définitive de cette réforme ?
Il est louable de vouloir lutter contre les " pièges à l’emploi ", de faire en sorte qu’il y ait un écart substantiel entre le salaire le plus bas et l’allocation de chômage. Cette réforme, si elle augmente l’allocation en début de chômage (mais pas cette année, les caisses sont vides !!), la dégressivité s’accélère ensuite jusqu’à une allocation forfaitaire. L’objectif est d’inciter le néo-chômeur à rester le moins longtemps possible au chômage et donc de ne pas être trop difficile quand un job, quel qu’il soit, se présente.
Mais encore faut-il que ce travail existe et qu’il y ait un minimum d’adéquation entre le boulot qui se présenterait et le niveau de formation du chômeur !
Certes le système d’allocation reste illimité dans le temps mais il ne résorbera pas les importants stocks de chômeurs. Dans sa première interview, en janvier dernier, la ministre socialiste de l’Emploi, Monica De Coninck, déclarait qu’ (…) il faut chercher un travail. Il y en a assez pour tout le monde. Il est vrai que dans certains secteurs, souvent qualifiés, il manque de main-d’œuvre.
Prenons un exemple : dans la seule région de Mons-Borinage, que certains connaissent bien au gouvernement, le FOREM recensait le mois dernier, 18.698 demandeurs d’emploi (auxquels il faut ajouter quelques autres catégories). Sachant qu’une grosse part de ces chômeurs n’ont pratiquement aucune formation, comment le nouveau système peut-il inciter à réduire significativement cette masse de sans emploi ??
Poser la question, c’est déjà en grande partie y répondre. Et on a la sensation que le nouveau système a été adopté à la hâte essentiellement pour des raisons idéologiques et budgétaires plutôt que d’insérer une véritable refonte du système de chômage dans un vaste plan de relance économique où formation, allocation et aides économiques ne sont plus prises séparément mais intégrées dans une même dynamique.
Philippe Walkowiak




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