L’utilisation des réseaux sociaux lors du printemps arabe avait amorcé le mouvement. Le printemps est loin mais l’évolution s’est poursuivie, avec les indignés et les étudiants québécois. Et il a aussi inspiré un collectif d’ingénieurs, d’artistes et d’activistes appelé Art Is Open Source, l’art est un code informatique ouvert. Leur objectif: "réinventer le monde grâce aux technologies et aux réseaux qui sont présents partout".
Exemple : une application pour mobile présentée par l’animateur du collectif, Salvatore Iaconesi lors de la conférence TEDglobal qui se tient à Edinbourg cette semaine. Le thème de cette rencontre : l’Ouverture Radicale ou comment les technologies modifient les relations humaines et sociales.
Selon la BBC cette appli permet à quelqu’un qui est dans une manifestation qui tourne mal de trouver les endroits où il peut se mettre à l’abri. Elle puise ses informations sur Twitter et Facebook bien sûr, mais aussi le réseau de géolocalisation Foursquare et celui de partage de photos Instagram. Le système croise toutes les données liées à une manif. Sur une carte affichée sur l’écran du téléphone, les zones dangereuses apparaissent en rouge, les endroits plus calmes sont en vert.
C’est déjà disponible partout ?
Pour l’instant, seuls les mouvements radicaux peuvent en disposer. Mais le collectif envisage de développer une version "dépolitisée" si l’on peut dire qui serait utile lors de catastrophes naturelles ou tout simplement dans les embouteillages.
Une version axée sur l’aide aux blessés lors d’émeutes a d’ailleurs été proposée à la police italienne, "pour leur permettre – je cite - de mieux faire leur travail au bénéfice de la communauté". Sans réaction jusqu’à présent. Mais comme l’a dit malicieusement Salvatore Iaconesi lors de la conférence : "Nous n’avons pas été surpris, parce que c’était un peu de la provocation".
Cette ouverture radicale du web suscite quand même des débats à propos de la liberté d’expression.
Oui. A preuve cette polémique relayée par Le Figaro : au nom de la liberté d’expression, Facebook refuse de supprimer les groupes de soutien au dépeceur de Montréal. On peut y lire par exemple ce message d’une canadienne de 21 ans "J'aime Luka Magnotta parce qu'il donne de l'inspiration, parce qu'il ose être lui-même, il est sympa et très mignon". Selon le réseau, ces groupes ne violent pas ses conditions d’utilisation.
En revanche, en France, le ministère de l’Intérieur avait obtenu la fermeture des pages de soutien à Mohammed Merah, le tueur de Toulouse. Même dans un monde globalisé, il reste de grandes différences de sensibilités quant aux limites de la liberté d’expression.




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