Aller directement au contenu principal

Une euro au finish...

CHRONIQUES | mercredi 20 juin 2012 à 17h53

  • On ne sait pas ce que vont en penser ou ce qu’en pensent déjà Michel Gassée, Michel Visart ou Françoise Gillain, mais on ne va pas résister à vous livrer la dernière analyse économique en cours à propos de l’Euro

    De temps à autre, le chroniqueur aime assez passer les habits de Cassandre. Ils lui sont parfois fort séants. Alors, quand en plus ils sont coupés par un tailleur de la City, pensez comme ils lui vont bien.

    Je vous explique : cette théorie provient d’un journaliste financier britannique, Matthew Lynn, qui est par ailleurs aussi auteur de thrillers guerriers, l’un n’empêche pas l’autre et peut-être même l’explique. Il travaille pour Bloomberg, groupe financier et d’information financière ainsi que pour MarketWatch, propriété de Dow-Jones et Cie, ça vous situe, et tient donc chronique dans une série de quotidiens et hebdomadaires à travers le monde.

    Et si je vous en parle de cette théorie, c’est que comme dans un polar ou peut-être un thriller, mais un bon alors, la fin est pour le moins inattendue… " Bon sang, mais c’est bien sûr… "

    Et aussi parce que l’on voit que l’écrivain-journaliste a forgé ses mots et ciselé ses formules choc. Au néo-vocabulaire de la crise européenne où figurait déjà Grexit — de Greece Exit, la sortie de la Grèce — il ajoute d’abord, dans son scénario, le mot " Spanic "  — de Panic in Spain, panique en Espagne — une Spanic intervenant cet été (c’est demain entre nous soit dit) dès lors qu’on aura vérifié que les 100 milliards européens, s’ils arrivent jamais, seront insuffisants et que l’économie nationale qui continuera de se contracter accélérera la ruée de la population vers les banques pour en retirer ce qu’il reste, bref, la panique. C’est le premier climax de Monsieur Lynn.

    Ensuite, voilà qu’il évoque un " Quitaly " — Italy’s quitting, l’Italie s’en va — : une réaction des Italiens devant la part qu’il doivent prendre dans le refinancement ibérique alors que leur propre refinancement sur les marchés leur coûte plus cher encore qu’aux Espagnols. L’Italie menacerait alors de ne pas remplir ses obligations, les Bourses en seraient plus bouleversées encore et le chaos européen renforcé. C’est le deuxième climax de Monsieur Lynn.

    Mais la résolution de l’intrigue, la fin du film, l’ultime rebondissement du livre, il vient d’où personne ne l’attendait et réside dans le " Fixit ", soit le " Finnish Exit ", la sortie finlandaise… Un terme on va dire idoine et bien trouvé : la fin sera donc finlandaise dès lors que les Finnois aurant considéré que leur économie, qui se porte à merveille, n’a rien à gagner mais tout à perdre à rester dans l’Euro.

    Un pays par ailleurs marqué par une augmentation de l’europhobie, les dernières élections de l’an passé ayant vu une forte progression du parti des " Vrais Finlandais " : 19% des votes. Un tel pays est mûr pour l'exit et cette sortie en amènerait d’autres, l’Euro serait mort et nous ruinés. Telle est donc donc la conclusion, la péroraison, l’apothéose de Monsieur Lynn.

    J’oublais. L’an dernier, prêtant la première main à son scénario, il évoquait déjà notre sort à nous, dès que cette Europe communautaire, continentale et non britannique serait partie en fumée.

    C’est très simple : “Bruxelles, disait-il, ne sera plus qu’une place où il fera bon de goûter du chocolat”. Ouf, il y aura encore du chocolat. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.

    Paul Hermant

    Derniers commentaires

    • de Calamity Ben, pour le chocolat, faudra apprécier ce qu'on a aujourd'hui, qu'on n'est pas du tout sûrs d'avoir encore demain... http://www.20minutes.fr/article/947393/cacao-bientot-voie-disparition

      21-06-2012 03:22 | Répondre

    Signaler un abus

    Une erreur a eu lieu, veuillez essayer plutard. Merci, votre remarque sera prise en compte dans les plus bref délais.
    1000 caractères max

    Faire un commentaire

    • Merci de respecter la charte des commentaires,
      sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
    • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
    1000 caractères max
    Veuillez remplir le champ "Code de sécurité" en respectant les majuscules, minuscules ou les espaces.
  • Une euro au finish...
    « previous

    Une euro au finish...

    next
    • Une euro au finish...

      Une euro au finish...

    • de Calamity Ben, pour le chocolat, faudra apprécier ce qu'on a aujourd'hui, qu'on n'est pas du tout sûrs d'avoir encore demain... http://www.20minutes.fr/article/947393/cacao-bientot-voie-disparition

      21-06-2012 03:22 | Répondre

    Signaler un abus

    Une erreur a eu lieu, veuillez essayer plutard. Merci, votre remarque sera prise en compte dans les plus bref délais.
    1000 caractères max

Chroniques