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Un été ouvrier...

CHRONIQUES | mardi 26 juin 2012 à 17h45

  • Chères auditrices postmodernes, chers auditeurs contemporains, le tour du massif entamé hier passera aujourd’hui par des monticules à gaillettes et des tours à mitraille, vous voyez ce que je veux dire : par des mines et des hauts fourneaux, sur une ligne tracée assez exactement entre Bois du Cazier et Ougrée, bref, nous irons chez les ouvriers wallons.

    Car voilà que l’on remarque qu'en ce mois de juin 2012, l’industrie wallonne, soit on tente de la faire classer patrimoine mondial à l’Unesco : ce sont ces sites miniers dont on défend le passé à saint Pétersourg ; soit on essaie de la faire passer profits et pertes d’une mondialisation à la Lakshmi Mittal : ce sont ces usines sidérurgiques à qui on essaie, à Liège, de trouver un avenir intégré. Autant vous dire que moi qui suis né entre terrils de charbon et fumées de métal, je me sens tout à coup, allez comprendre, assez mondial.

    Et c’est le cas de le dire puisque que ce retour ouvrier — tiens donc des mines, tiens donc des hauts fourneaux, tiens donc du travail, tiens donc des enjeux — croise la marche que d’autres mineurs, ceux d’Espagne— remember les Asturies de 1934 — ont entamée vers Madrid afin de sauver leurs puits condamnés par les subventions publiques évaporées. Comme si notre monde entrait doucement dans un été ouvrier.

    Vous allez dire, charbon, acier, tout ça est tout de même un peu contradictoire avec Rio plus ou moins 20.  Il faudra mettre beaucoup d’intelligence dans son CO, ce ne sera pas aussi simple que de produire de la pluie solide, et c’est aussi sans doute de la fin d’un vieux monde dont il est question, de comment on le fait atterrir autrement que comme patrimoine d’une humanité dépassée.

    Mais l’on note aussi que pour parvenir à leurs fins, les ouvriers de chez Mittal qui veulent récupérer les terres et les outils pour le prix du symbole et pourquoi pas d’un emprunt citoyen affutent une stratégie nouvelle. Celle dite du " harcèlement boursier ", soit une tactique continue de dénigrement moral, social, économique et médiatique du propriétaire amenant ceux qui possédent de ses  actions à trouver malséant de les conserver.

    On va dire, ça sort un peu de cette dépression chronique qui flottait sur les bassins d’emplois. On a trop vu, en effet et l’on voit trop que l’on retourne contre soi l’agressivité des temps —doit-on rappeler ici les 8% de chomeurs ayant tenté de se suicider ? Ou bien qu’on la partage entre nous, cette agressivité— doit-on préciser encore qu’il semble bien que le mot courtoisie lui-même soit devenu une insulte ? Et il est assez revigorant, à tout prendre, d’imaginer cette stratégie de dénigrement et de harcèlement appliquée à autre chose et à d’autres personnes que les chômeurs, les Roms ou autres gens liquides de notre temps.

    Et c’est pourquoi, nous ferions bien de cette transformation de la colère le corollaire des ces allumeurs de réverbères dont nous parlions hier. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.

     

    Paul Hermant

     

     

     

     

     

    NB. Aux auditrices et auditeurs. Pour cloturer toutes ces années passées ensemble, je vous propose de nous retrouver, si vous le voulez, le vendredi 29 juin dès 18 heures au café " Le Stam ", situé 1 rue Bouré (si,…) à Ixelles (rue Longue-vie/rue de la Paix). Vous pouvez aussi signaler votre présence via la page facebook "Médisant de chroniques, clap de fin ". Bienvenue à toutes et tous.

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