Aller directement au contenu principal

"The deep blue sea", sublime Rachel Weisz

CHRONIQUES | Mis à jour le mercredi 20 juin 2012 à 12h10

  • Terence Davies est un cinéaste rare: à peine cinq long-métrages en près de 25 ans. Ce poète du cinéma anglais est de retour cette semaine avec un beau mélodrame, "The deep blue sea" avec un rôle magnifique pour Rachel Weisz.

    The deep blue sea

    En anglais, l’expression "between the devil and the deep blue sea" signifie en quelque sorte devoir choisir "entre la peste et le choléra". Le film de Terence Davies montre une femme à la croisée des chemins : à Londres dans l’immédiat après-guerre, Hester, grande bourgeoise qui s’ennuie auprès de son mari plus âgé qu’elle, le quitte pour Freddie, un jeune militaire de condition modeste dont elle tombe éperdument amoureuse… Mais Hester tombe de Charybde en Scylla : elle a perdu son rang et sa réputation, et vit dans un appartement minable avec un jeune homme qui ne l’aime que superficiellement.

    "The deep blue sea" est l’adaptation d’une pièce de Terence Rattigan, dramaturge très prisé dans les années 50 et injustement tombé en désuétude. Or  les dialogues de Rattigan sont une merveille de subtilité. Mais le cinéaste Terence Davies a l’intelligence d’éviter le théâtre filmé et réinvente pour l’écran le mélodrame de Rattigan. Il casse la linéarité du récit, place les personnages dans un prologue musical avec le concerto pour violon de Samuel Barber, et attache autant d’importance aux regards et aux soupirs qu’à ce que disent les protagonistes. Esthétiquement raffiné, puissamment romanesque, "The deep blue sea" est un OVNI dans le cinéma actuel et tranche par sa poésie tragique et "old fashioned".

    Adieu Berthe (L’enterrement de Mémé)

    Armand (Denis Podalydès), pharmacien de province, est dans l’embarras : il est écartelé entre sa femme (Isabelle Candelier) et sa maîtresse (Valérie Lemercier), lorsqu’il apprend la mort de sa grand-mère. Maladroit et peu débrouillard, il doit s’occuper de tous les détails pratiques de son enterrement…

    Comment ne pas avoir un faible pour les frères Podalydès ? Denis, l’acteur de la Comédie Française, apporte une subtilité bienvenue dans la plupart de ses rôles (son interprétation de Sarkozy dans "La conquête" était le véritable atout du film). Bruno, le frère aîné réalisateur, est l’auteur de petits bijoux comme "Versailles rive gauche" ou "Dieu seul me voit". 

    Bruno Podalydès aime filmer les petits détails saugrenus qui font sourire, il les préfère aux gros gags lourdement amenés. Comme il préfère un scénario qui flâne et qui vagabonde en cours de route plutôt que de foncer en ligne droite… Résultat, "Adieu Berthe" a le défaut de ses qualités ; il n’est pas dénué de charme mais manque cruellement de rythme. On sort un peu déçu de ce nouveau film des frères Podalydès, qui ne retrouvent pas la grâce de leurs premières comédies. Restent néanmoins des jolis moments, de savoureuses trouvailles qui permettent à "Adieu Berthe" de ne pas complètement démériter.

    Rock of Ages

    Hollywood est un ogre, et fait flèche de tout bois : remakes, biopics, sequels, franchises… Et adaptation de "musicals", de comédies musicales à succès ! Après "Casino", "Hairspray" et "Mamma Mia", voici donc "Rock of Ages". Comme de coutume, l’intrigue n’est que prétexte à chansons et chorégraphies diverses. On suit en parallèle les efforts d’une jeune et naïve serveuse pour percer sur scène, et les caprices d’une rock star vieillissante et portée sur la bouteille, Stacee Jaxx- un contre-emploi pour Tom Cruise, qui ne ménage pas sa peine… Le tout est rythmé par un catalogue de vieux tubes des années 80, signés Foreigner, Poison ou Def Leppard…

    Tout ça n’est pas d’une folle légèreté. Attention, tout n’est pas à jeter dans "Rock of ages", il y a quelques séquences enlevées et amusantes, mais l’ensemble ne décolle jamais et semble fait de bric et de broc… Et le problème habituel demeure : ce qui fonctionne avec dynamisme sur scène dans un "musical" passe souvent mal la rampe du grand écran. Il suffit de se souvenir de "Mamma Mia ! The movie" qui ne restituait que 10% de l’énergie délirante du spectacle…

    Hugues Dayez

    Derniers commentaires

    • de Sabiane Waouh ! Je viens de découvrir que Pure DVD a fait un index !!! http://www.rtbf.be/purefm/article_index-des-critiques-dvd-et-blu-ray-de-pure-dvd?id=3808263 A quand un index également pour les chroniques cinéma ? D'avance merci.

      28-07-2012 16:37 | Répondre

    Signaler un abus

    Une erreur a eu lieu, veuillez essayer plutard. Merci, votre remarque sera prise en compte dans les plus bref délais.
    1000 caractères max

    Faire un commentaire

    • Merci de respecter la charte des commentaires,
      sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
    • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
    1000 caractères max
    Veuillez remplir le champ "Code de sécurité" en respectant les majuscules, minuscules ou les espaces.
  • « previous

    Bande-annonce

    next
    • Bande-annonce

    • Bande-annonce

    • Bande-annonce

    • Cinéma : présentation du film « Rock of Ages »

  • Hugues Dayez
    « previous

    Hugues Dayez

    RTBF
    next
    • Hugues Dayez

      Hugues Dayez

    • de Sabiane Waouh ! Je viens de découvrir que Pure DVD a fait un index !!! http://www.rtbf.be/purefm/article_index-des-critiques-dvd-et-blu-ray-de-pure-dvd?id=3808263 A quand un index également pour les chroniques cinéma ? D'avance merci.

      28-07-2012 16:37 | Répondre

    Signaler un abus

    Une erreur a eu lieu, veuillez essayer plutard. Merci, votre remarque sera prise en compte dans les plus bref délais.
    1000 caractères max

Chroniques