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"The Avengers", une pochette-surprise de super-héros

CHRONIQUES | mercredi 25 avril 2012 à 15h57

  • Ces derniers temps, Hollywood a multiplié les superproductions avec les super-héros de l’écurie Marvel : "Iron Man", "Captain America", "Hulk", "Thor"… Aujourd’hui, les voici tous réunis dans un blockbuster pétaradant : "The Avengers"…

    The Avengers

    Cette réunion au sommet entre des univers très différents (le très rétro Captain America n’a a priori rien en commun avec le milliardaire Tony Stark alias Iron Man, et encore moins avec Thor, issu de la mythologie nordique) n’est pas une idée d’un petit génie du marketing hollywoodien, c’est un concept développé par Stan Lee dans une série de comicbooks dès 1963.

    L’argument de "The Avengers, the movie", est simple : le monde est en danger, menacé par le frère bâtard de Thor, à la tête d’une armée de vilains méchants… Et comme, c’est bien connu, l’union fait la force, rien de tel que de convoquer tous les super-héros pour combattre ensemble cette terrible menace.

    Reste la question : sur le plan strictement cinématographique, le tout fait-il forcément plus que la somme des parties ? Autrement dit, l’accumulation de ces personnages emblématiques fait-il un film plus dense, plus palpitant, plus spectaculaire ? Hélas non. Parce que le scénario de "The Avengers" souffre de cette accumulation.

    Pour séduire un large public et pas seulement les fans, le film se voit contraint de multiplier les scènes d’exposition pour primo, présenter chaque super-héros, et secundo, favoriser leur rencontre. Ces scènes, verbeuses, solennelles et presque sans humour, sont interminables et vampirisent le film pendant près d’une heure et demie. Survient enfin le dernier acte, le plus spectaculaire : 40 minutes de combat entre cette "dream team" et les horribles envahisseurs à Manhattan (toute allusion au drame du 11 septembre n’est sans doute pas fortuite). Mais ce grand festival pyrotechnique, truffé d’effets spéciaux hallucinants, vient tard, trop tard…

    Pour développer convenablement les univers de "The avengers", le rythme d’un feuilleton aurait sans doute été plus adéquat qu’un long-métrage, même si celui-ci dure près de deux heures trente.  Au cinéma, on a envie de paraphraser le bon vieil adage et de dire : "Trop de super-héros tue le super-héros" !

    Tyrannosaur

    Encensé par la presse britannique, "Tyrannosaur", première réalisation de l’acteur Paddy Considine en 2011, arrive enfin sur nos écrans.

    Le film dépeint la rencontre de deux "accidentés de la vie". D’un côté, Joseph, qu’on devine perdu depuis belle lurette dans une spirale d’alcool, de chômage et de violence. De l’autre, Hannah, tenancière d’une boutique du secours chrétien, accrochée à sa foi comme à une bouée de sauvetage… Joseph trouve un peu de réconfort auprès de Hannah, avant de se rendre compte qu’elle-même vit un enfer domestique, et que derrière sa compassion se cache un profond désarroi. "Tyrannosaur" (dont le titre énigmatique est expliqué en cours de film) montre une réalité peu folichonne, mais le fait sans se vautrer dans un misérabilisme pénible, essentiellement grâce au talent pudique de ses interprètes principaux : Peter Mullan (révélé en son temps par "My name is Joe" de Ken Loach) et Olivia Colman, d’une grande justesse dans le rôle de Hannah.

    La vision de "Tyrannosaur" n’est pas à conseiller aux cinéphiles au moral fragile, mais peut être recommandé à tous les autres.

    L’enfant d’en-haut 

    La réalisatrice Ursula Meier, qui a fait ses études de cinéma à l’IAD et a réalisé un premier film coproduit par la Belgique ("Home" en 2008, avec Isabelle Huppert et Olivier Gourmet) a planté cette fois sa caméra en Suisse (Elle est elle-même née d’une mère française et d’un père suisse allemand). "L’enfant d’en haut" aurait pu s’appeler "Le petit voleur" : Simon, un jeune adolescent particulièrement débrouillard, s’arrange pour s’insinuer dans une station de sports d’hiver et y voler tout ce qu’il peut : des lunettes, des gants, des skis… Qu’il redescend vendre dans la vallée. Car il habite dans un HLM avec sa grande sœur (Léa Seydoux), plus préoccupée par sortir avec des garçons que de s’occuper de lui.

    Au départ, "L’enfant d’en haut" séduit : les personnages sont intéressants, et Meier montre bien les contrastes entre les stations touristiques huppées et les banlieues grises et anonymes d’une Suisse qu’on voit rarement à l’écran. Son regard sur Simon fait immanquablement penser à celui de Luc et Jean-Pierre Dardenne – Simon pourrait être un cousin du "Gamin au vélo" - mais son cinéma n’a pas la radicalité, la pugnacité de celui des frères. Car une fois les personnages et le décor plantés, le film patine, se répète, lasse plus qu’il n’émeut. Même si elle a ménagé une surprise au milieu de son long-métrage, Ursula Meier se repose essentiellement sur des situations posées d’emblée, et peine à les faire évoluer. C’est dommage, car "L’enfant d’en haut" avait des atouts pour être infiniment plus convaincant.

    Les Vacances de Ducobu 

    Certains succès commerciaux au cinéma ont de fâcheuses conséquences. Par exemple, le magnifique "Quatre mariages et un enterrement" a généré pendant dix ans des pénibles comédies de mariage, cherchant à renouveler le triomphe de leur modèle anglais. Dans le cinéma français, le smash du "Petit Nicolas", adapté de Sempé et Goscinny, a donné plein de (mauvaises) idées aux producteurs. Ceux-ci tentent ainsi aujourd’hui de faire main basse sur les succès de la BD enfantine.

    Après "L’élève Ducobu", adapté de l’inoffensive série de Godi et Zidrou, voici" Les vacances de Ducobu"… En attendant "La vengeance de Ducobu" ? Les ingrédients : un cancre malicieux, une voisine première de classe, un instituteur psychorigide incarné par Elie Semoun, un camping… Mais les gags sont poussifs, la direction photo ressemble à celle d’une pub pour un yaourt, et c’est réalisé – enfin, disons plutôt mis bout à bout par un pauvre tâcheron (Philippe de Chauveron). Prochaine BD adaptée à l’écran : "Boule et Bill" de Roba avec Franck Dubosc dans le rôle du papa de Boule… Au secours ! Arrêtez le massacre !

    Hugues Dayez

    Derniers commentaires

    • de henriqat Monsieur Dayez est de très loin le meilleur critique de cinéma belge. Et sa grande force est de ne pas entrer dans le politiquement correct et dans l'intellegentsia qui adule quelques films pour masturbés intellectuels. Gabin disait à juste titre que pour faire un bon film, il faut trois choses ; 1) une bonne histoire, 2) une bonne histoire, 3) une bonne histoire. Il est vrai que toute critique est subjective. J'ai vu le film "shame" que M. Dayez recommandait et j'ai trouvé ce film lent, ennuyeux et d'un intérêt relatif. D'autre part, j'ai découvert quelques perles aussi; Par conséquent, je ne rate jamais les chroniques de M. Dayez. La vérité ne serait-elle pas de trouver le critique qui a les mêmes goûts que son lecteur ? J'avais trouvé le mien avec Jean Wera qui officiait dans la DH. Hélas, il a quitté le métier. Henri Libioulle

      27-04-2012 12:11 | Répondre

    • de BigTony @ Jacques : je suis d'accord avec vous. Monsieur Hayez ne connait rien au cinéma. Il n'est qu'une pâle copie, avec un H qui ne trompe personne, de M. Dayez. Monsieur Dayez n'a pas toujours raison mais argumente ses critiques, ce qui permet à chacun de se faire son opinion. Pouvez-vous en faire de même? En quoi the Avengers est une réussite ? En quoi le Tintin de Spielberg était-il fatigant et à côté de la plaque ? Merci de détailler.

      27-04-2012 11:35 | Répondre

    • de Jacques Décidément Mr HAYEZ ne comprendra jamais ce qu'est un bon film de divertissement : critiquer négativement une réussite comme"Avengers" quelques mois après avoir fait une promotion - éhontément courtisane - du pénible, fatiguant et à côté de la plaque "Tintin" de Spielberg, voilà bien une tartufferie de plus à son actif ...

      26-04-2012 23:53 | Répondre

    • de ayo @Jacques Chacun son avis ... H. Dayez argumente ses opinions, ce qui légitime les critiques négatives. Ce n'est qu'un avis bon sang ! *fatigant

      25-05-2012 12:06 | Répondre

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      Toutes les informations sur http://www.cinecomics.fr

    • Bande annonce du film Tyrannosaur

      Tyrannosaur avec Peter Mullan, Olivia Colman, Eddie Marsan.

    • Bande annonce du film

      Directed by : Ursula Meier Starring : Léa Seydoux, Kacey Mottet Klein, Gillian Anderson, Martin Compston

    • Bande annonce du film

      Les vacances de Ducobu Un film de Philippe Chauveron avec Elie Semoun, Joséphine de Meaux, Hélèna Noguerra, Pierre-François Martin-Laval, etc...

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      27-04-2012 12:11 | Répondre

    • de BigTony @ Jacques : je suis d'accord avec vous. Monsieur Hayez ne connait rien au cinéma. Il n'est qu'une pâle copie, avec un H qui ne trompe personne, de M. Dayez. Monsieur Dayez n'a pas toujours raison mais argumente ses critiques, ce qui permet à chacun de se faire son opinion. Pouvez-vous en faire de même? En quoi the Avengers est une réussite ? En quoi le Tintin de Spielberg était-il fatigant et à côté de la plaque ? Merci de détailler.

      27-04-2012 11:35 | Répondre

    • de Jacques Décidément Mr HAYEZ ne comprendra jamais ce qu'est un bon film de divertissement : critiquer négativement une réussite comme"Avengers" quelques mois après avoir fait une promotion - éhontément courtisane - du pénible, fatiguant et à côté de la plaque "Tintin" de Spielberg, voilà bien une tartufferie de plus à son actif ...

      26-04-2012 23:53 | Répondre

    • de ayo @Jacques Chacun son avis ... H. Dayez argumente ses opinions, ce qui légitime les critiques négatives. Ce n'est qu'un avis bon sang ! *fatigant

      25-05-2012 12:06 | Répondre

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