C’est entre cela, entre objet et sujet, que se lit aujourd’hui le parcours médiatique d’une commune décidément bien étrange : elle est rendue visible par Olivier Bailly quand elle est montrée par la Dernière Heure.
Montrée, on veut dire : pointée du doigt. Désignée. Mise au ban. Rendue visible, on veut dire : restituée vivante, sensible et en somme guère différente de n’importe quelle autre des dix-huit autres communes bruxelloises ni des 588 restantes dans le Royaume.
C’est pourtant à partir d’elle que nous aurons donc ce parcours d’intégration dont Vincent de Coorebytter a bien raison de dire —toujours dans le Soir, j’en suis désolé — que pour la circonstance, il fait un peu fausse route, trouvant son origine dans l’arrestation d’une Belge —d’origine on va le préciser — convertie à l’Islam et qui avait donc revêtu un niqab. Ce serait presque amusant si ce n’était pas grave.
Un parcours d’intégration qui s’adressera en outre aux primo-arrivants tandis que le problème est poltiquement pointé dans les divergences entretenues avec des populations installées par ici depuis belle lurette et qui, pour une grande part, ont acquis, comme le leader de Sharia4Belgium, la nationalité belge.
Cela reste étrange comme Molenbeek semble tourner la tête des femmes et des hommes politiques. Rappelez-vous, il y a quelque temps, un meurtre dans la rue, à Molenbeek, celui d’un contrôleur de la STIB, avait conduit à plus de contrôles policiers dans les trams et les bus. A priori, là non plus, la relation directe entre une altercation dans la rue et le durcissement des conditions sécuritaires dans les véhicules n’était pas claire.
C’était là aussi prendre une partie pour un tout, c’était glisser d’une chose à l’autre, c’était surfer rapidement, comme si, à chaque fois, que l’on évoquait Molenbeek, on se trompait d’objet, comme si dire simplement le mot " Molenbeek " autorisait la généralisation des préjugés et la rapidité de la pensée.
Il y a quelque temps, un citoyen molenbeekois, Ben Hamidou, donnait une pièce formidable intitulée " Sainte Fatima de Molem ". Il y a quelques autres temps, mais les mêmes, un citoyen molenbeekois, Nabil Ben Yadir, donnait un film plébiscité intitulé " Les Barons ". Dans les deux cas, ce que l’on appelle de " vrais succès publics ", salués comme tels et reconnus partout.
C’est étrange, mais personne n’en a conclu, avec le sens du raccourci qui semble caractériser nos décideurs, qu’il fallait d’urgence inscrire tous les Marocains de Molenbeek dans les écoles de théâtre ou de cinéma et de préférence en section comédie sociale. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.
Paul Hermant




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de Tingitain Merci Paul. Le meurtre de l'agent de la STIB, c'était à Bruxelles-ville, pas à Molenbeek, comme cela a été affirmé partout. Quelque temps avant, sur RTL, on avait même annoncé que la bombe dans la mosquée anderlechtoise avait explosé à Molenbeek. Bientôt, tout délit perpétré dans le Métro bruxellois sera imputé à Molenbeek puisque le métro vient de (ou va à) Molenbeek. Et puis si on n'a pas pu voir Venus passer devant le soleil, c'est probablement parce qu'il y avait des nuages au dessus de Molenbeek.
06-06-2012 21:34 |
de dirk Houla, comme cela fait du bien de lire ces quelques lignes. dirk
06-06-2012 17:28 |
de Fred Merci ! Tout simplement.
06-06-2012 11:19 |
de Philippe Hensmans Yesssss. Merci Paul.
05-06-2012 21:20 |