Mais plutôt que de dire au revoir, voyez comme je suis, j’ai décidé de dire merci. La reddition des comptes est alors plus ronde. Merci est un mot qui déteste les angles. Il n’y a rien à faire, quand on est né rond on ne peut pas finir pointu, alors terminons comme cela…
Merci à Richard Brautigan, merci à Stig Dagerman, merci à Ed Murrow, chroniqueur anti McCarthy, merci à son Good night and good luck, merci au terrible entêtement des abeilles, merci aux trous d’air des parachutes dorés, merci aux hirondelles de la gare du Nord, merci à l’épicière de Ciergnon, merci à Morvan Lebesque pour avoir dit que le talent que vous avez ou que l’on vous prête se mesure à celui qui vous reste le jour où vous n’en avez plus, merci à l’Euro d’avoir tenu jusqu’à la fin de ces chroniques, merci aux gens du voyage qui font le voyage que les gens ne font plus, merci à tous ces nomades qui enseignent à délester nos valises, merci au passé qui arrive toujours trop vite et à l’avenir qui vient toujours trop tard, merci à Stéphane Goldman, une chanson de 1950, une chronique déjà, cent mineurs crient sous les poids d’un continent, là-haut passe un régiment, il y aura dix survivants, merci à Madame de Sévigné, pardon d’avoir écrit si long, ma fille, mais je n’ai pas eu le temps de faire court, merci aux invisibles de ne l’être pas resté, merci aux gens liquides d’être demeuré un peu dans la paume, merci à René Char et à son héritage sans testament, merci aux disqualifiés, aux inadaptés sociaux, merci aux bandits du sens, merci aux potagers, merci à Gilles Clément, à son tiers-paysage et à ses jardins en mouvement, merci à ceux qui se souviennent qu’un binage vaut bien deux arrosages, merci aux glaneurs, merci aux gladiateurs, merci à mon ordinateur, merci au front du refuge, merci à Hanna Arendt, merci au comptoir d’étain de Jacques Prévert et au veilleur du Pont aux Changes de Robert Desnos, merci aux idées, à leurs associations et aux associations d’idées, merci aux villages fantômes parce qu’ils sont peuplés de gens aux fronts troués, merci aux geysers pétillants et aux volcans facétieux d’Islande, merci au complexe Edgar Morin, merci à la voix de Vincent Tholomé entendue hier, merci aux livres qui rendent libres, à ceux qui les écrivent, à ceux qui les vendent et à ceux qui les achètent, merci aux contradictions dialectiques des gens qui décident, elles font le miel de ceux qui cherchent par-delà le cynisme, pas merci à ceux qui priment sur ceux qui dépriment, mais merci à la ville où il fait le moins bon vivre, merci au service public qui nous a élevé et à qui on a tenté de rendre un peu, merci à ceux qui écoutent pour ne plus entendre, merci aux voleurs de feux et aux allumeurs de réverbères, merci à ceux qui retournent leur colère et merci à ceux qui voient la mer. Allez, belles années et puis aussi bonne chance.
Paul Hermant




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de Luc J'ai aimé votre compagnie quand par hasard j'ai découvert vos chroniques, puis regretté votre départ de votre créneau précédent, je n'ai pu vous suivre à votre nouveau créneau, parce que moi-même j'étais aux créneaux, pas les mêmes... Ce midi, de nouveau par hasard je vous retrouve, mais pour la dernière fois aux créneaux de la RTBF. Merci. Luc
30-11-2012 13:45 |
de francois Merci à la RTBF pour cette sage décision. Je n'ai jamais compris comment on pouvait donner 3 minutes d'antenne tous les jours à un "fumeur de moquette". Pardonnez-moi, Monsieur Hermant, ceci n'est pas une attaque personnelle, mais un constat d'incompréhension. Qu'avez-vous de plus qu'un citoyen ordinaire pour pouvoir monopoliser un tel temps d'antenne à soliloquer à votre façon en vous contentant de vilipender la société dans laquelle vous vivez et dont vous profitez. Désormais, je ne zapperai plus plus sur BEL RTL entre 18h20 et 18h25. François
03-09-2012 21:53 |
de sergueikrapouk Cher François, J'en chialerais tellement ce que tu dis es injuste et bête. Voici peut-être le dernier homme qui se tait et tu regrettes qu'il ait couvert pour quelques minutes chaque jours le brouhaha consensuel de tous ces apprentis journalistes reconvertis en porte-paroles. Paul Hermant, c'était peut-être tout ce qu'il nous restait de liberté sur le ondes belges. J'en chialerais !
19-09-2012 06:20 |
de Philippe Très souvent, je vous ai écouté Monsieur HERMANT en entendant la musique dans votre voix rhétorique. Et encore plus souvent j'ai aimé chercher le sens plusieurs fois magiques de vos chroniques. Je suis surpris de constater la der des ders, elle n'est certes pas amère mais encore une fois elle est un éclair qui fait peut-être rage. Un éclairage ! Je vous remercie pour votre verve, votre regard posé sur papier, et pour toutes les démarches que vous avez entamé vers l'autre. Ces nombreux pas vers ce dernier sont incommensurablement remplis de beauté dans vos textes. Avec beaucoup de respect pour vos paroles et vos récits. Merci encore et surtout aussi ...
31-08-2012 17:00 |
de cilou54 Merci à Paul Hermant, à la poésie de ses commentaires, merci à ses révoltes - justes de ton et de fond; à l'élégance de ses désespoirs; aux chutes et tempo de ses chroniques bordées d'espoir; merci cher Paul pour ta lucidité flibuste et tes barricades généreuses, pour tes potages d'originaux faits d'hiver et tes veloutés d'été avec brumes de nostalgie et consommés éclairés. Qui désormais nous pendra les pendards? Qui pour décoiffer les lieux communs des pensées assoupies? Qui pour traquer les petites lâchetés quotidiennes, prélude aux grandes aberrations? Qui pour chanter joliment les odes aux jolis gestes généreux, aux petits sursauts de la vie ordinaire. A vos plumes camarade, le relais est à prendre même si la place est imprenable. Dire que Paul nous manque déjà? Quelle platitude, quelle grande allée de tristesse pour tous nos rendez-vous manquants à venir. Allez Paul que tes années soient belles et puis aussi, bonne chance !
13-08-2012 14:20 |