Depuis quelques années, on assiste à un retour du polar dans le cinéma français, un genre qui avait connu ses riches heures dans les années 60 et 70, et puis qui avait été spolié par les séries télévisées du style "Navarro". Cette semaine, c’est le réalisateur Pierre Jolivet qui, à bientôt 60 ans, s’attaque au film policier avec un drame intitulé "Mains armées". Pour rappel, Pierre Jolivet, c’est le réalisateur, entre autres, de "Force majeure" et de "Ma petite entreprise".
Dans "Mains armées", on suit Lucas, Roschdy Zem, commissaire à Marseille qui enquête sur un vaste trafic d’armes en provenance de Serbie. Son enquête va le mener dans les milieux de la drogue à Paris, où il va entrer en contact avec Maya, Leila Behkti, une jeune inspectrice à la brigade des Stups... Maya, en réalité, est la fille que Lucas a eu quand il avait vingt ans et qu’il a abandonné à sa naissance…
Avec ce résumé, on comprend que Pierre Jolivet veut mélanger deux registres dans "Mains armées" et deux genres de suspense : d’une part, le thriller policier réaliste, et de l’autre, le drame familial sur la difficile réconciliation entre un père et sa fille. Le problème, c’est que ces deux registres cohabitent parfois difficilement : l’enquête sur le trafic d’armes apparaît parfois comme un peu touffue et confuse, et prend énormément de place dans le film, et les rapports entre le commissaire Lucas et sa fille Maya en sont réduits à n’occuper que la portion congrue. C’est dommage, parce que c’est là que pourrait surgir la véritable émotion dans "Mains armées", d’autant plus que Roschdy Zem et Leila Behkti forment un tandem convaincant.
L’autre sortie de la semaine, c’est un remake de "Total recall". La première version date de 1990, c’était sans doute un des meilleurs films d’Arnold Schwarzenegger, il était réalisé par le hollandais Paul Verhoeven, et sa partenaire féminine était une certaine Sharon Stone, qui allait devenir star avec le film suivant de Verhoeven, "Basic Instinct". Le film s’inspirait d’une nouvelle du grand écrivain de science-fiction Philip K. Dick, et explorait un de ses thèmes de prédilection, la manipulation de pensée. Aujourd’hui, dans cette nouvelle version avec Colin Farrell en vedette, il n’est plus question de voyage sur Mars comme dans la version avec Schwarzenegger, mais le thème central de Dick est maintenu. D’ailleurs, le titre français du film est pour un fois éloquent : "Total recall" a été rebaptisé "Mémoires programmées".
Hugues Dayez




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