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Les libraires vont-ils subir le sort des disquaires?

CHRONIQUES | Mis à jour le mercredi 19 septembre 2012 à 8h41

  • Après la musique et la vidéo, le livre est en en train de migrer vers le support numérique. Et ce n’est pas sans conséquences. L'actualité des médias et des nouvelles technologies avec Alain Gerlache.

    L’Association des Editeurs britanniques vient de publier les chiffres des ventes physiques et numériques pour le premier semestre de 2012 au Royaume-Uni.

    Les livres imprimés sont en très léger recul par rapport à la période correspondante de l’an dernier : moins 0,4 % en chiffre d’affaire. En revanche, les téléchargements explosent : plus 188% en valeur pour la fiction, plus 171% pour la littérature enfantine et plus 128% pour les ouvrages autres que la fiction. Résultat, le marché - tous supports confondus - a augmenté de 6%.

    C’est un excellent résultat. Il indique que tant les éditeurs que les lecteurs britanniques sont en train de s’adapter au nouvel environnement numérique.

    Mais comme le dit un éditeur à la BBC, il y a un revers à la médaille. "Le marché fait la transition vers le numérique et il en retire des profits, c’est une bonne nouvelle. Mais la situation devient plus compliquée pour les libraires dont le nombre est en diminution ".

    Vont-ils subir le même sort que les disquaires qui ont pratiquement disparu?

    C’est la comparaison qui vient à l’esprit. Le contexte est quand même différent. Les disquaires avaient dû faire face, coup sur coup, à la montée en puissance de la vente de CD par la grande distribution, au téléchargement illégal et à l’arrivée d’une offre numérique légale. C’est beaucoup. C’est toute l’industrie musicale qui a souffert de n’avoir rien vu venir et elle le paie encore aujourd’hui.

    Peut-être grâce à cela, l’édition a pu anticiper les mutations. Mais les revendeurs indépendants sont devenus le maillon faible de la chaine. Pas tellement à cause du volume des ventes numériques, en tout cas pas encore. Ni à cause du piratage qui n’a pas du tout la même ampleur que dans le domaine musical. Selon The Bookseller, l’association britannique des libraires, la concurrence vient plutôt du commerce électronique et de son numéro 1, Amazon.    

    Mais un libraire offre un service et des conseils personnalisés

    Sans doute, mais c’est ce qu’on disait aussi des disquaires. Aujourd’hui, les conseils passent par les statistiques qui tiennent compte de vos goûts et par les recommandations des amis sur les réseaux sociaux. 

    Il faut donc pouvoir se remettre radicalement en question. Le plus bel exemple est donné par Amazon lui-même. Cette entreprise a fait fortune en livrant des CD et des livres physiques. Et que fait-elle maintenant? Elle investit à fond dans les tablettes et les contenus numériques et elle développe son propre service musical par internet pour couper l’herbe sous le pied de la concurrence.

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