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Le renard et les poulets

CHRONIQUES | mercredi 4 juillet 2012 à 11h59

  • Le député (très) flamand Eric Van Rompuy(CD&V) s'étonne de l'attitude de la N-VA à l'égard du gouvernement flamand. Bart De Wever ne serait plus qu'"arrogance et prétention". Bart De Wever serait "indépendantiste"...

    Après avoir introduit le renard N-VA dans le poulailler de la politique flamande, le CD&V se lamente maintenant de le voir y mettre une belle pagaille, sans doute avant de voir les poulets dévorés le 14 octobre prochain.

    C’est à présent le très flamand député CD&V, Eric Van Rompuy qui se lamente de voir Bart De Wever torpiller l’action du gouvernement Peeters.

    En 2003, la N-VA comptait 200.000 électeurs et décrochait péniblement un seul siège de député. Le CD&V soucieux de bétonner une place de premier parti s’alliait à la N-VA au printemps 2004. En juin 2010, la N-VA engrangeait les voix d’1,2 million d’électeurs flamands. Le parti nationaliste a convaincu 1 million de citoyens en 6 ans. Ce serait beaucoup plus si on votait dimanche prochain, à en croire les sondages.

    Le CD&V s’étonne donc de voir la N-VA mordre la main qui l’a nourri.

    Les chrétiens-démocrates commencent à entrevoir ce que bon nombre d’observateurs répètent depuis des mois : le véritable objectif de Bart De Wever c’est de devenir le premier parti flamand aux régionales de 2014 et d’y être suffisamment puissant pour rédiger un programme à " ses " conditions et l’imposer à son (éventuel) partenaire. Bart De Wever a obtenu la scission de BHV et une nouvelle réforme de l’Etat sans se mouiller et sans renier son programme. En faisant pression de l’extérieur. La N-VA va s’implanter dans les villes et communes. Reste à voir dans quelles proportions.

    La N-VA a adapté son discours, devenu plus populiste que nationaliste, contre les lourdes charges fiscales qu’un gouvernement fédéral minoritairement flamand fait peser, contre un gouvernement impuissant face à l’insécurité notamment étrangère, etc…

    Pour arriver à ses fins et pérenniser une présence dans la plupart des localités flamandes, la N-VA, qui refuse pourtant l’alliance avec le Vlaams Belang, ne se prive pas de recruter ses membres. Après le député Karim Van Overmeire, voilà le sénateur Jürgen Ceder, membre pendant 25 ans du Blok, puis du Belang, chef de groupe au Sénat. Ces deux parlementaires ont quitté le parti fasciste dans la foulée de l’ex-président Frank Vanhecke. Tous étaient des proches de la députée Marie-Rose Morel, décédée en février 2011 et amie de longue date de Bart De Wever. Peu de voix se sont élevées en Flandre contre cet étrange compagnonnage.

    La N-VA avance vers son destin et ce ne sont pas quelques cris de nationalistes chrétiens-démocrates apeurés tardivement qui l’en détourneront.

    Philippe Walkowiak

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