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Le pari risqué

CHRONIQUES | mardi 12 juin 2012 à 10h41

  • Cela fait donc 6 mois... et 6 jours que le gouvernement Di Rupo a prêté serment. Il lui reste moins de 2 ans au maximum pour agir. 6 mois, le temps d'un premier bilan.

    Et pour cela, il convient bien entendu de revenir aux circonstances de la formation de ce gouvernement : 541 jours de crise politique dont l'essentiel passé à tenter de mettre sur pied une 6è réforme de l'Etat, à la demande de la Flandre mais ensuite aussi, de mettre sur pied un des plus vastes plans d'économies budgétaires, à la demande cette fois de l'Europe, pourrait-on dire.

    Elio Di Rupo a dû composer avec ses deux diktats. Cela reste un tour de force d'y être parvenu mais ce n'est pas cela non plus qui va séduire le citoyen. Pour l'instant en tout cas.

    Le tour de force de la formation de ce gouvernement, c'est d'avoir isolé la N-VA des autres partis flamands. Mais cela reste un pari risqué.

    Elio Di Rupo fait en effet le pari que l'électeur flamand se détournera des nationalistes quand il constatera que les partis flamands gouvernementaux, eux, obtiennent quelque chose, engagent des réformes.

    La semaine dernière, le Premier Ministre a fustigé les défaitistes qui ne voient pas tout ce que ce gouvernement a fait. C'est vrai que la Belgique a retrouvé sa place en Europe et on vient d'apprendre que notre croissance sera meilleure que la moyenne de la zone euro, cette année.

    Le problème… c'est que cela ne convainc pas ! Le chômage ne va pas baisser.

    La N-VA caracole en tête des intentions de vote. Et quel que soit l'institut de sondage, le parti de Bart De Wever fait mieux seul que les trois partis flamands du gouvernement ensemble. C'est dire si l'on est loin du compte.

    Pourtant, le pari était bien de montrer qu'une réforme de l'Etat était possible sans la N-VA.

    Ceci paraît à présent bien loin.

    La semaine dernière, le premier vote qui entérine la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, revendication emblématique du nationalisme flamand depuis 50 ans, n'a guère suscité de réactions.

    Sur le communautaire, la N-VA assure le service minimum. Elle se présente désormais en défenseur de la classe moyenne flamande que le gouvernement fédéral, dit-elle, pressure pour financer le fonctionnement de la Belgique que les Francophones ne veulent pas réformer en profondeur.

    Le gouvernement Di Rupo est minoritaire en Flandre. C'était son choix, il y a 6 mois. Mais c'est un choix qui risque  aussi de s'avérer très périlleux à terme.

    Philippe Walkowiak

    Cette Chronique a été diffusée dans Matin-Première ce 12 juin.

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