Le Grand Soir
Not (Benoît Poelvoorde) se targue d’être le plus vieux "punk à chien" d’Europe. Il traîne son désœuvrement dans un zoning commercial de banlieue, dans le sud de la France. Son frère Jean-Pierre (Albert Dupontel) est vendeur dans un magasin de literie. Not prône la révolution permanente contre "le système", Jean-Pierre est psychorigide, peureux, conformiste… Ils se retrouvent parfois à la table familiale : leurs parents tiennent le restaurant " La Pataterie ", en lisière de ce zoning…
Gustave Kervern et Benoît Delépine adorent filmer des marginaux dans des longs plans-séquences où ils les laissent déborder du cadre. Leurs films ("Mammuth", "Aaltra") ont tous les mêmes qualités et les mêmes défauts. Ils démarrent en trombe, avec des personnages atypiques et bien campés. Mais une fois le décor planté, le tandem Kervern/Delépine semble vite à court d’idées… Alors, pour relancer leurs films – c’est encore le cas dans "Le grand soir" - ils multiplient les apparitions de personnages secondaires qui font un petit tour et puis s’en vont : ici, un voyant incarné par Gérard Depardieu, un gardien de parking magnifiquement joué par Bouli Lanners… Résultat : plus qu’à un vrai long-métrage décapant, "Le grand soir" finit par ressembler à une pochade entre copains. C’est dommage, parce que Kervern et Delépine ont du talent. Mais, paresseux et picoleurs, ils manquent visiblement d’exigence pour donner de l’envergure à leur projet. Poelvoorde et Dupontel gesticulent comme des beaux diables, mais ils sont impuissants à masquer les carences du scénario. On espérait une bombe subversive, "Le grand soir" n’est qu’un pétard mouillé. Snif.
Couleur de peau : miel
Auteur de BD, Jung a raconté dans un roman graphique les tourments de son enfance : orphelin coréen, il a été adopté à l’âge de cinq ans par une famille du Brabant wallon. C’était en 1971, et le début d’une grande souffrance pour lui : coupé de ses racines et de sa culture d’origine, il s’est senti "enfant de nulle part", plus vraiment coréen mais pas vraiment belge non plus…
Avec le concours de Laurent Boileau, cette bande dessinée est devenue aujourd’hui un film au caractère délibérément hybride : moitié documentaire (Boileau suit Jung adulte retournant découvrir la Corée), moitié film d’animation (les séquences animées retraçant l’enfance et l’adolescence de Jung). Le résultat est, force est de l’a vouer, un peu bancal : Jung est visiblement mal à l’aise face à la caméra, et les séquences animées, sur le plan graphique, sont loin d’être ébouriffantes… Mais ces maladresses sont secondaires face à ce que dit le film : une vision non édulcorée de l’adoption, très loin de certains récits lénifiants… Jung est un écorché vif, pour qui le dessin fut une thérapie. Et c’est ce qui fait le prix de "Couleur de peau : miel".
Blanche Neige et le Chasseur
Dans cette superproduction, les éléments de base du conte de Grimm sont au rendez-vous. Kristen "Twilight" Stewart est Blanche Neige. Charlize "Dior, j’adore" Theron est la méchante reine. Et Chris "Thor" Hemsworth est le chasseur mandaté par la reine pour éliminer sa rivale…
Question : comment, à partir d’un conte assez simple, produire une grande fresque épique ? Réponse : en lorgnant sans vergogne vers "Le Seigneur des Anneaux". Ici, les sept nains ressemblent à des vaillants hobbits et Blanche Neige prend l’armure, telle Jeanne d’Arc, pour mener la rébellion.
On ne peut nier à Rupert Sanders, réalisateur de clips et de pubs, un sens de l’image et du spectacle. Mais le problème demeure : tout le monde connaît les ressorts dramatiques du conte, le suspense est absent, et l’intrigue est définitivement trop mince pour se muer en grande saga d’ "heroïc fantasy"… Hollywood, en panne d’idées, fait aujourd’hui flèche de tout bois : après le succès commercial de "Alice au pays des Merveilles" de Tim Burton, le producteur Joe Roth a voulu remettre le couvert… En attendant "Cendrillon" et autres "Belle au Bois dormant" ?
Hugues Dayez




![[x]](http://www.static.rtbf.be/rtbf/www/images/common/old_browser/close.png)




de caramba C'est clair!
15-06-2012 11:50 |
de zinneke "punk" ... encore un mot totalement vidé de sens. Le punk est mort en '78, tout ce qui a suivi n'est qu'une mauvaise caricature (utilisée la plupart du temps par des gens qui n'ont même pas conu les deux-trois années où ce terme avait un sens). De toute façon, le punk, le vrai ne pouvait par définition n'être qu'éphémère, puisque portant en lui le germe de son autodestruction. Parler de punk en 2012 est aussi risible que de danser le menuet.
13-06-2012 12:40 |
de Coco Danser le menuet n'est pas risible, c'est nostalgique... Delepinne est totalement Punk.
15-06-2012 07:41 |
de Fripp J'ai comme l'impression que ce n'était pas à prendre stricto sensu... Mais merci pour le cours d'Histoire.
16-06-2012 16:15 |