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Le départ du fils de la Vendetta...

CHRONIQUES | lundi 7 mai 2012 à 17h35

  • Ce jour-là, la lune profita de l’obscurité pour se rapprocher de la terre. Personne jusque là n’y avait fait attention. Sauf les jardiniers qui, connaissant les calendriers, avaient posé les bêches et les binettes.

    Car on ne sème ni ne plante au potager lorsque la lune vous regarde de trop près. Le dimanche ainsi fut chômé pour cause de périgée. On n’est jamais trop sûr que la lune en effet soit vraiment couchée. Même en plein jour. Alors, on s’est demandé à quoi on allait bien pouvoir passer son dimanche. On a cherché. Et puis on a trouvé. On a attendu la fin de l’après-midi pour enfin savoir où Mickael Vendetta irait planter ses choux.

    Cet homme qui est une sorte de " it girl " —comme j’ai appris ce matin sur cette antenne que l’on nomme ces sortes de personnes qui ne font rien dans la vie sinon être belles, célèbres et adulées — ce jeune homme, donc, avait en effet promis de quitter la France en cas de victoire de François Hollande. Alors on a attendu de savoir.

    Mickael Vendetta est juste un bloggeur qui fait des apparitions dans des émissions de télé-réalité. Il est sa propre marque dont il est la seule marchandise. Autant dire : une célébration achevée du postmodernisme. Parmi d’autres bijoux, il laisse sur Internet d’impérissables aphorismes, comme celui–ci : " L’unique chose dont le monde n’aura jamais assez est l’exagération " dont on est pas trop sûr de la justesse syntaxique, mais bon... Et puis, ce matin, sur son site : un laconique " Au revoir ", en noir sur blanc, quelque chose de très giscardien. On lit cela et on ne peut pas s’empêcher : on voit une chaise.

    On a craint un moment qu’il franchisse la frontière à Quiévrain ou à Bouillon pour rejoindre la place Brugman, mais non : on apprend qu’afin d’honorer sa promesse électorale, il a pris un aller simple pour Los Angeles. Et sur la toile, on lit alors : " A peine Hollande élu, l’analphabétisme recule en France ". Et c’est vrai qu’il ne faut pas être très informé pour avoir précisément choisi le pays de Paul Krugman, économiste et accessoirement Prix Nobel, qui écrit aujourd’hui dans les colonnes du New York Times : "Les Français se révoltent. Les Grecs aussi. Et il était temps." 

    Et de se réjouir que prenne fin la Merkozie, pronostiquant que cette sortie annoncée du tout à l’austérité signifie, sans doute contre toute attente, " que l'euro et le projet européen ont désormais de meilleures chances de survie." Je vous le demande, que va bien pouvoir faire Mickael Vendetta dans ce trop nouveau monde où la modernité n’est pas celle que l’on croit ?

    C’est pourquoi ce soir, quand la lumière s’éteindra, on lui conseillerait bien, pour s’apaiser et méditer un peu, de regarder comment va la lune. La lune, Mickael. On a dit la lune. Pas le doigt. Allez belle soirée et puis surtout bonne chance.

    Paul Hermant

     

     

    Derniers commentaires

    • de Fragamort Votre chronique est ma madeleine de Proust quotidienne. Merci pour votre clairvoyance et votre indignation.

      08-05-2012 16:23 | Répondre

    • de Propeas Comme a votre habitude, excellent article et magnifique plume. Festoyons, car les rats quittent le navire !

      08-05-2012 10:10 | Répondre

    • de zinneke Merci pour ce savoureux moment d'ironie.

      07-05-2012 23:02 | Répondre

    • de gabrielle On sait que l'époque veut de l'audience, du buzz, de la légèreté, de l'inconsistance, du changement, mais alors là... du Vendetta et des "it girls" ici dans cette chronique où passèrent un jour des Morin, Camus, Sosa et des centaines d'autres, c'est du n'importe quoi ! :-))

      07-05-2012 22:00 | Répondre

    • de patchicool C'est beau!!!!!

      07-05-2012 18:00 | Répondre

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    • de Fragamort Votre chronique est ma madeleine de Proust quotidienne. Merci pour votre clairvoyance et votre indignation.

      08-05-2012 16:23 | Répondre

    • de Propeas Comme a votre habitude, excellent article et magnifique plume. Festoyons, car les rats quittent le navire !

      08-05-2012 10:10 | Répondre

    • de zinneke Merci pour ce savoureux moment d'ironie.

      07-05-2012 23:02 | Répondre

    • de gabrielle On sait que l'époque veut de l'audience, du buzz, de la légèreté, de l'inconsistance, du changement, mais alors là... du Vendetta et des "it girls" ici dans cette chronique où passèrent un jour des Morin, Camus, Sosa et des centaines d'autres, c'est du n'importe quoi ! :-))

      07-05-2012 22:00 | Répondre

    • de patchicool C'est beau!!!!!

      07-05-2012 18:00 | Répondre

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