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Le bien-être à la belge, version revisitée...

CHRONIQUES | mardi 12 juin 2012 à 17h55

  • Tout ce que nous éviterons, apparemment, c’est la stagnation. Ça, c’est les économistes qui le disent. La dépression pourtant, nous baignons dedans. Et ça, ce sont les sociologues qui l’analysent.

    Les chiffres sont tombés drus dès hier soir et la matinée ne nous a pas rassurés : c’était comme à Gravelote. Vous savez bien, maintenant : ces 8% d’entre nous qui ont déjà tenté de se suicider, ces 45% qui craignent de tomber dans la précarité, ces 57% qui disent avoir besoin d’un accompagnement psychologique,… enfin bref ce tableau qui décrit un paysage de déroute individuelle et commune : ce que tout à l’heure, à Matin première, Pascal Labille appelait une " bulle de spéculation sociale plus dangereuse que la spéculation financière ".

    Il y a quelques semaines seulement, un autre sondage, celui de l’OCDE, calculé selon l’indice du " Vivre mieux ", classait pourtant la Belgique parmi les pays les plus performants en matière de bien-être. 74% des personnes interrogées indiquaient vivre au cours d'une journée traditionnelle plus d'expériences positives (fierté, accomplissement, appréciation, etc…) que négatives (douleur, inquiétude, tristesse, ennui, etc…).

    Se pourrait-il que le sondage d’hier ait été réalisé selon l’indice du " Vivre plus mal " ?, mais c’est peu dire en effet que la contradiction aveugle. Les résultats de l’OCDE étonnaient un peu, à vrai dire. On regardait autour de nous. On se demandait. On ne voyait pas exactement la joie d’être.

    On se disait que sans doute nous avions besoin de lunettes, mais qu’on ne vivait pas cette sorte d’optimisme béat de l’OCDE d’Yves Leterme. Que le credo de la croissance à tout prix et l’espérance d’une stabilité sociale rassurante prônés par l’Organisation de Coopération et de Développement Economique avaient peut-être un peu biaisé ces chiffres…

    Aujourd’hui, on est tout à fait rassuré : il existe bien des sans abris, il existe bien des sans emplois, il existe bien des sans avenir, il existe bien des précaires, il existe bien des pauvres et des gens qui ont peur de l’être, il existe bien des femmes et des hommes qui tombent, il existe même, et de plus en plus, des boîtes où l’on peut glisser les bébés que l’on veut abandonner.

    Maintenant, la question se pose de savoir duquel des deux sondages l’on tiendra le plus compte quand il s’agira, par exemple, d’assumer les politiques de l’Emploi, euphémisme désignant désormais les restrictions des solidarités et des allocations sociales. Car finalement, un chômeur, qu’est-ce c’est ? Un peine à jouir ou un futur suicidé de la société ?

    De la réponse apportée à cette question, parmi d’autres, dépendra la manière dont nous considérerons cette insécurité sociale dont la température de ce premier " Thermomètre des Belges " vient de nous donner les graduations. 

    Et dont découlera, par ailleurs, la façon dont on élaborera ces fameux parcours d’intégration  — on va le rappeler une fois de plus : le mot intégrer signifie " rendre entier " — qui, ainsi qu’on l’a dit déjà concernent décidément tout le monde : on veut dire des primo arrivants jusqu’aux ultimes survivants. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance…

     

    Paul Hermant

    Derniers commentaires

    • de paul07 on a qu'à faire comme monsieur Karel De Gucht et pas comme ces fainéants de chômeurs qui ne se prennent pas en main! lui comme tous bon libéraux travail dur pour la société. ce sont des exemples pas comme ces fainéants qui ne veulent que vivre au dépend de la société, c'est normal qu'ils sont dépressif dirait De croo!

      12-06-2012 19:15 | Répondre

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      12-06-2012 19:15 | Répondre

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