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La saucisse et la matraque

CHRONIQUES | mardi 19 juin 2012 à 17h51

  • Il avait bien raison, Philippe Walkowiak, dans son édito de ce matin de noter la distorsion criante entre cette très célèbre affaire du niqab et cette autre histoire, passée largement plus inaperçue, de ces militants du vlaams belang, thuriféraires de la saucisse Zwan, ...

    ... s’introduisant dans une fête scolaire proposant un barbecue halal dans le cadre d’une activité à vocation multiculturelle pour forcer des élèves, des gamins de 12-13 ans, à manger ce qu’il peut y avoir de porc dans ces zakouskis d’apéritif, qui sont composés par ailleurs pour une bonne part de poulet ou de dinde, car la saucisse, qu’on se le dise au vlaams belang, c’est comme le niqab, on ne sait jamais très bien ce qu’il y a dedans…

    C’était donc à Schoten, la semaine dernière. Plainte a été déposée et démenti opposé : " c’était de l’humour " a dit notamment Filip De Winter , mais on n’a pas vu grand-monde demander l’interdiction de cet humour radical là. Et on se dit qu’il y a loin, vraiment, de Molenbeek à Schoten. Et que les indignations sélectives, hé bien, le nom le dit : ça sélectionne.

    L’affaire de l’intervention de la police contre les contre-manifestants au défilé du Parti populaire et des gens de Nation que nous évoquions hier et dont parlait aussi ce matin Philippe Walkowiak dans son édito agite un peu plus le landerneau… L’indignation est plus marquée. Peut-être parce que l’on commence à comprendre ce que voulait vraiment dire le renforcement de la présence policière dans les transports en commun… On rigole.

    Mais, c’est vrai que l’humour policier n’a pas de bornes, ces temps-ci. On en parlait l’autre fois, de ces manifestations vite réprimées et des manifestants vite embarqués, pour le plus grand bonheur des fabricants de Colson. Ceux-là aussi, à ce que l’on comprend, sont sélectifs. Les policiers, en effet, ne rient pas de tout avec tout le monde.

    A regarder le JT de ce midi, on se demandait s'il ne fallait pas mettre en relation les dérapages et les débordements matraquants de dimanche et les violences que les policiers se plaignent de subir constamment. D’où, nous dit-on, les poursuites de plus en plus fréquentes pour rebellion. Et d’où sans doute, cette tentation du soulagement lâche dont nous parlions hier. A un moment, en effet, c’est fini de rire. Eton bastonne et on colsonne alors ce qu'on a sous la main, infraction ou pas infraction...

    C'est donc par confratenité humoristique que l'on évitera de parler ici de Glenn Audenaert et de ses déboires judiciaires. C'est vrai que la tentation pour nous aussi serait grande de nous payer, ces jours-ci, le chef policier que l'on a sous la main. On le choperait pour l'exemple. Il écoperait pour les autres. On le bastonnerait avec des phrases et on le colsonnerait avec des mots. Mais hélas, mille fois hélas, ce n'est pas là notre genre d'humour. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance.

     

    Paul Hermant

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