D'abord, le rapport de force est défavorable à la gauche au premier tour de l'élection présidentielle : 43% pour mémoire. Il était de 59% en 1981, lors de la victoire de François Mitterrand…Ensuite, la campagne du deuxième tour n'a pas été l'occasion d'un traditionnel recentrage pour les candidats mais d'une droitisation du discours de Nicolas Sarkozy. Donc le président sortant, au score historiquement bas de popularité, mène une campagne très nationaliste aux accents parfois même eurosceptiques et parvient quand même au score très honorable de 48,3%.
C'est donc un dimanche de paradoxe… La victoire de François Hollande est stratégique mais pas idéologique. La France a toujours penché à droite, à l'exception des années '80, mais se choisit un président socialiste ! Un tiers des Français a voté pour un candidat au moins protectionniste voire eurosceptique au premier tour, mais les Français portent François Hollande, un Européen convaincu, fils spirituel de Jacques Delors, au Palais de l'Elysée !
Ce paradoxe, c'est évidemment le résultat de l'anti-sarkozysme. A l'instar d'un Mariano Rajoy en Espagne, François Hollande a gagné en regardant la crise faire tomber le fruit du dirigeant en place. Point de vote d'adhésion donc, mais la victoire modeste d'un homme qui va devoir gérer le besoin très français de voir son Etat le protéger du monde extérieur…
Car l'économie de la France en très mauvais état, elle n'a pas le poids de ses prétentions politiques dans l'Union européenne et n'est pas en mesure d'imposer un changement radical de ligne face au pays du nord, Allemagne en tête. Cette impression de subir l'Europe qui s'ajoute à celle de subir la crise et la finance est très mal vécue en France, comme d'ailleurs en Grèce.
Mais trois choses font que l'avenir de l'Europe se joue sans doute plus qu'ailleurs en France. Un, la France jacobine est sans doute le pays où la perte de souveraineté au profit de l'Union a été la plus mal vécue par la population. Deux, la France est, pour des raisons multiples, l'un des pays qui auraient le moins à perdre d'une explosion de la zone euro et d'une dévaluation. Trois, la Ve République est un mode de gouvernance parfaitement adapté à la gestion de la crise -il a été créé en crise-, à la différence d'autres régimes de coalition dans l'Union européenne. Le compromis permanent de l'Union est assez mal vécu par la population française.
Pour ces trois raisons, le sentiment que la France pourrait s'en sortir sans l'Europe progresse très nettement à gauche et à droite. Du coup, François Hollande est peut-être bien la dernière chance de voir la France faire résolument le choix du progrès européen. En plus, ce paradoxe français intervient au moment où la Grèce signe une fin de non-recevoir à l'austérité et remet à nouveau l'Europe sur la ligne de crête. Alors François Hollande ne sera peut-être pas un de Gaulle ou un Mendès France, un homme providentiel de la République, mais ce sera peut-être un Robert Schuman ou un Jacques Delors, un homme providentiel pour l'Europe...
Bertrand Henne
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de Un parmi d'autres Parce que l'Union européenne est un progrès ? qu'en pensent ceux qui subissent les mesures "d'austérité" imposées par la commission, le conseil, le parlement et la cour de justice européens ?
10-05-2012 12:17 |
de RDK et depuis qd l'union européenne est à la source de la crise? Les pays qui subissent l'austérité ne le font pas à cause de l'europe mais à cause de leur mauvaise gestion durant les dix dernières années... L'europe est jsutement providentielle pour ces pays qui sinon n'auraient recu aucune aide et qui grâce à l'Europe recoivent de l'aide...
13-05-2012 18:43 |