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La Charte qui donne des ailes

CHRONIQUES | jeudi 24 mai 2012 à 11h25

  • La Flandre est en train de se doter d'une Constitution qui ne dit pas son nom. Avancées à pas feutrés.

     

    C’est bien parce qu’il l’avait promis le 11 juillet 2010 qu’il semble s’être résigné à le faire. C’est presque en catimini et en s’excusant de le faire que le ministre-président Kris Peeters a présenté ce qui sera à terme le texte fondateur de la Flandre autonome (et plus, si affinités).

    L’annonce avait été faite à Courtrai lors de la commémoration de la bataille des Eperons d’Or. La concrétisation s’est faite dans une arrière-salle du parlement flamand à Bruxelles.

    Cette Charte, qui refuse l’appellation de Constitution, reste assez générale et s’inscrit dans un cadre belge et européen, ce qui fait aussi de la Flandre un membre de droit de l’Union Européenne, au cas où…

    Mais cette Charte qui réaffirme une série de droits, reste évasive sur les contours de la Flandre. La Communauté ou la Région ? Comme de coutume dans la classe politique flamande, on parle de " deelstaat ". Entre " deelstaat " et " staat " la différence tient en définitive à peu de choses. Le texte garantit aussi qu’il n’y aura pas de discriminations tant sur les origines, la race ou… la langue. Est-ce pour cela que la Flandre va ratifier la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, comme elle s’y était engagée en 2001 ? On peut en douter même si cette ratification est condition sine qua non à une entrée dans l’Union Européenne.

    Le texte reste également évasif sur le sort de Bruxelles.

    Il n’en reste pas moins que ce texte existe, qu’il servira de base au suivant et qu’au moins la Flandre politique continue d’avancer dans une même logique déconstructiviste de la Belgique.

    Côté francophone et singulièrement wallon, lors de ces négociations communautaires qui s’enlisaient, on avait quelque peu joué les gros bras, affirmé haut et fort qu’il fallait engager une vaste réflexion, le tout sur fond de rivalités Marcourt-Demotte, Namur-Bruxelles, MR-PS.

    Mais tous ont été prié de se conformer à la ligne Di Rupo "ne pas heurter nos amis flamands qui tentent d’enrayer la N-VA ". Au vu des sondages, à ce jeu, tout le monde perd ! Les 8 partis qui ont signé les accords de Réforme de l’Etat feraient aujourd’hui, tous, moins bien qu’aux dernières élections…

    Autant dire que si les élections communales du 14 octobre prochain devaient entériner ce nouveau rapport de force, la charte flamande risquerait de prendre d’autres accents.

    Philippe Walkowiak

     

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