La droite rêve de revanche sans trop y croire. Son argument principal : ne pas donner tous les pouvoirs à la gauche qui, au fil des ans, a démocratiquement gagné toutes les consultations locales, nationales et, finalement, présidentielles.
Mais ce plaidoyer pour une cohabitation qui priverait le président élu des moyens de sa politique a fait long feu. Pas vraiment crédible chez ceux qui se veulent les ardents défenseurs des institutions de la Ve République.
D'ailleurs, consciente de sa position de faiblesse, l'UMP semble renoncer à nationaliser le débat électoral pour privilégier ses ancrages locaux et tenter de limiter les dégâts. Ce ne sera pas simple, d'autant que cette droite est divisée comme en témoigne déjà le duel Fillon-Copé pour sa direction. Le malaise est, il est vrai, profond. Il touche à son identité.
Pour éviter l'éclatement, l'UMP s'est abstenu de toute analyse de l'échec de Nicolas Sarkozy. Non seulement elle ne s'est pas interrogée sur les conséquences de la dérive ultra-droitière du président sortant mais, faute de perspective, elle s'accroche à cette dernière comme à une bouée de sauvetage.
Les candidats de l'UMP font flèche de tout bois dès qu'il s'agit de sécurité ou d'immigration. La main tendue aux électeurs, et parfois même aux candidats du Front National, ne s'embarrasse plus de la moindre nuance. Il est vrai que le cauchemar de la droite s'appelle bien Marine Le Pen. Si on lui prédit peu d'élus en raison du système électoral, sa capacité de nuisance est énorme.
Le Front National devrait être en mesure de maintenir une centaine de candidats au second tour. Et plus largement, l'arbitrage des électeurs du FN sera déterminant. Du haut de son score des présidentielles et de la légitimité renforcée que lui a offerte Nicolas Sarkozy et que consolide encore un peu plus le parti du président battu, Marine Le Pen déclare avec une condescendance réjouie qu' elle pourrait très exceptionnellement appeler à voter au second tour pour des candidats socialistes ou UMP en fonction de leur " valeur humaine ".
Quel que soit le résultat final de ces législatives, la campagne menée par la droite parlementaire offre d'ores et déjà une place majeure au Front National dans la recomposition politique qui ne manquera pas de se poser au lendemain du scrutin.
Hugues Le Paige
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de pierre.malak Je suis profondément scandalisé par cette phrase à propos de Marine Le Pen "...sa capacité de nuisance est énorme." Ce parti s'est constitué légalement, de manière absolument républicaine et représente environ 20 % des Français. Il exprime aussi le malais réel d'une grande majorité de Français. Toutes les idéologies humaines qui élaborée et ensuite appliquées dans un but dit "meilleur" ont abouti à la mort de millions d'êtres : fascisme, communisme, nazisme, etc. Or, c'est précisément ce que combat Marine Le Pen en critiquant le dernier "isme" à la mode chez les bobos. Vous trouvez que ce combat là, c'est une nuisance, vous ?
11-06-2012 10:30 |