Alors pour moi, soyons clair, y a échec mais cela dit ça ,dépend de quelle intégration, on parle.
En Belgique, on se bouffe le nez pour des motifs communautaires depuis plus de 50 ans. Les Francophones de Flandre sont accusés d'être des bourgeois arrogants refusant de s'intégrer, les Flamands, le Flamand est encore une insulte dans beaucoup de patelins Wallons, on vit dans deux démocraties, on le dit souvent, qui se parlent de moins en moins, là c'est sûr, l'intégration est un échec.
Autre exemple, dans le Sud du pays, l'école reste le plus souvent, pas dans tous les cas, mais le plus souvent, une usine à trier les classes sociales. Au sein des pays de l'OCDE, nous sommes sans doute le pays et c'est l'étude Pisa qui le montre, où l'école joue le moins le rôle d'ascenseur social, où il y a le moins de mixité, où Amélie de Richelieu a très peu de chance de se retrouver égale à égale avec Kevin Delfosse sur les bancs de l'école. Chacun son réseau, son école, on ne se mélange pas. Là, c'est sûr, l'intégration est un échec.
Autre exemple, ces chômeurs qui arrivent à la retraite sans avoir connu l'emploi, sans pouvoir offrir la fierté d'avoir été autonome, à leur enfant, l'horizon bouché de l'emploi dans certaines sous-régions de Wallonie, là aussi, l'intégration est un échec.
Cette surpopulation carcérale dont tout le monde se fout ou à peu-près ; ces foyers d'inhumanité que sont nos prisons, où l'on apprend plus la délinquance que le vivre ensemble. Là aussi, cet abandon-là, il faut le dire, l'intégration, là aussi, est un échec.
Ces demandeur d'asile qu'aucun Bourgmestre ou très peu, ne veut accueillir chez lui de peur d'affronter le racisme ordinaire avant les élections. Ce fameux plan de répartition des demandeurs d'asiles, qui attendra les élections communales, parce là aussi, l'intégration est un échec.
L'intégration prise au sens large, la capacité que nous avons de vivre ensemble, de faire réussir ceux qui ont le moins de chance au départ, l'intégration comme étant la capacité de faire cohabiter deux langues au sein d'un même État, l'intégration comprise comme la capacité donnée à chacun de s'émanciper, l'intégration comme l'envie de partager un pays en commun, eh bien là aussi, c'est un échec en Belgique.
On peut se poser la question, la Belgique est-elle capable d'intégrer ; on reproche au Musulmans Bruxellois de vivre replier sur eux-mêmes, de refuser le partage de certaines valeurs avec le reste de la société. Et évidemment, il faudrait être de mauvaise foi pour reconnaître que ce communautarisme-là ne pose pas problème et qu'il reflète au moins un échec partiel de l'intégration.
Mais la Belgique est rongée par le communautarisme philosophique, politique, linguistique, social, on vient de donner quelques exemples. En matière d'intégration, charité bien ordonnée commence certainement par soi-même.
Bertrand Henne
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