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Grâce et politique

CHRONIQUES | vendredi 21 septembre 2012 à 9h58

  • Comme chaque année depuis plus d’une décennie, le Centre François Mauriac, à quelques encablures de Bordeaux accueille les " Vendanges de Malagar ".

    Dans la très belle demeure de l’auteur de Thérèse Deysqueroux et du Bloc-notes, deux jours de débats rassemblent des intervenants les plus variés et un public nombreux qui s’interrogent sur des thèmes qui auraient sans doute inspiré le maître des lieux. C’est un lieu  privilégié où sans prétention ni ostentation on prend le temps de réfléchir ensemble : rare aventure par les temps qui courent.

    Et donc, cette année, thème mauriacien par excellence, il fût question de la Grâce. De la Grâce dans tous ses états : religieux, évidemment mais aussi grâce musicale, historique, présidentielle, étatique et même architecturale. Je ne retiens, ici, que le débat sur la Grâce et la politique qui rassemblait deux grands politologues Dominique Reynié et Stéphane Rozès et l’ancien président d’Arte, Jérôme Clément.

     

    Il fut évidemment question de l’état de grâce en politique, ce moment où tout semble possible à la personne portée par la ferveur de ceux qui l’ont élu. État évidemment passager et qui n’appartient qu’à la forte théâtralisation de la vie politique française. Et qui surtout, en dépit de la rupture de la Révolution de 1789, souligne combien la politique en France est totalement héritière du catholicisme.

    A y voir de plus près, les mots mêmes d’élection, majorité, souveraineté ou universalité sont d’abord des termes religieux. La religion comme la politique relie et/ou oppose. L’une et l’autre forgeant cet imaginaire français ou la réconciliation doit forcément succéder à l’affrontement. 

    Le Président de la République, le monarque républicain héritier du monarque  de droit divin incarne toujours cette fonction remplie par un seul homme et un homme seul qui pense pouvoir assumer toutes les contradictions mêmes les plus irréconciliables.

     

    François Mitterrand qui, le jour même de son accession au pouvoir suprême, entra au Panthéon en fut l’indépassable représentant. On nota aussi, on n’échappe jamais tout à fait à la pression médiatique que François Hollande connût d’emblée l’état de disgrâce. Ou plutôt que son état de grâce lui fût offert avant son élection, après sa victoire aux primaires socialistes,  signe supplémentaire de la perversion de ce système.

    Rien de ce qui fut débattu sous les auvents de sa demeure n’aurait  vraiment déplu à François Mauriac qui au-delà ou à coté du romancier fut l’un des plus grands journalistes politiques de son siècle. Le plus souvent, donc, à contre-courant.

     

    François De Smet

     

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