La tradition du journalisme Gonzo ne date pas d’hier. C’est dans les années 70 que des Américains ont inventé ce type de journalisme axé sur la subjectivité, l’immersion dans le sujet et la réaction à chaud. Du coup, si l’on ose dire, ce nom a aussi donné à un certain genre cinématographique.
Un journaliste Gonzo ne cherche pas à rendre compte objectivement de la réalité. Son credo, c’est que l’objectivité est un mythe, voire une imposture. Il vaut donc mieux se fier à sa subjectivité. Son style ne se veut pas neutre et policé. Au contraire, il laisse libre cours aux sarcasmes et aux coups de gueule. Comme le dit la présentation d’UltraGonzo 2.0, il y a "d’un côté, les partisans de l’objectivité qui ne jurent que par les faits. De l’autre, tels des réfugiés politiques, les croyants, ceux qui partagent la foi en la subjectivité, érigée en seul et unique moyen d’atteindre la réalité".
Une des origines possibles du mot Gonzo, c’est le nom donné dans l’argot irlandais de la région de Boston au dernier type qui est encore capable de se tenir debout après une nuit de beuverie… On suppose que le lien avec ce genre de journalisme, c’est sa vision, disons très personnelle de la réalité.
Ca ne doit pas être facile de financer des publications Gonzo qui trouveraient un large public !
En effet. Même si le style a eu de l’influence jusque dans les médias traditionnels. Le Café Serré, c’est un peu du Gonzo, et Alex en connait un bout sur la question.
Internet offre aussi un terrain de jeu idéal et pas cher. Et en plus ça s’inscrit dans l’esprit un peu anar du web à ses débuts. Ultragonzo 2.0 a été lancé le 25 mai. Sur le site, mais aussi sur Facebook, Google+ et via Twitter on peut découvrir des articles comme : "La 3D, c’est de la merde" ou encore "La télécommande de notre vie ne tient qu’à un fil". Histoire de se faire regretter sans doute, le projet Ultragonzo 2.0 ne durera qu’un mois. "Après on ferme et on s’évapore, tous". Fin de citation.
A l’opposé du Gonzo, on trouve le Fact-Checking, la vérification des faits, très à la mode. Ca consiste à vérifier en temps réel et grâce aux ressources du web, par exemple toutes les affirmations chiffrées formulées lors d’un débat politique. Vous imaginez ça en bas de l’écran dans Mise Au Point ?
Plus globalement, le revival Gonzo s’inscrit dans le débat autour de l’utilité des journalistes aujourd’hui. Doivent-ils ajouter leur sensibilité personnelle au flot des opinions que charrie le web ou au contraire tenter de prendre un peu de recul ?




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de MDunicus Naissance d'un mythe métropolitain. Si la récupération de ce mot vient des USA, son origine et signification est à rechercher dans le dictionnaire italien. Sa étymologie latine, Verecundium, est devenue en italien Verecondo (au XIV siècle Dante l'utilise dans plusieurs ouvrages .ndlr) et par la suite Vergognoso (honteux). Son synonyme Veregonzo, a perdu en suite (par élision) le "Vere", devenant Gonzo. En italien, GONZO, adjectif masc. (fém. Gonza) est: quelqu'un de crédule, de facile à tromper, synonymes de: bête, simplet. Si les irlandais de Boston traitent de gonzo "qui est encore capable de se tenir debout après une nuit de beuverie ..." n'ont donc pas tous les torts. Je trouve intéressant qu'ils utilisent un terme pris chez leur "antagonistes" en USA. Ils ont du tellement se faire traiter de Gonzo, qu'ils ont intégré, sans en connaitre le sens et en l'adaptant à un de leurs "valeurs". On peut donc poser la question aux UltraGonzo: ... tu le fais? Ou tu l'est?
02-06-2012 11:03 |