Aller directement au contenu principal

Eliocentrisme et révolution copernicienne

CHRONIQUES | lundi 9 août 2010 à 12h11

  • Après deux jours en Italie et de retour au pays, le préformateur Elio Di Rupo est toujours en mode "pré". Pendant qu'il "met de l'ordre" et reprend des contacts "bilatéraux", les hommes verts de la préformation commencent à trouver le temps long. Ecolo et Groen ne le clament pas encore, mais ils finiront bien par le dire tout haut : faut pas pousser les verts dans les orties.

    Huit semaines après les élections, toujours pas de réponse à la question essentielle : quelle coalition dans le prochain gouvernement ? Les écologistes, "avec ou sans" ? Si vous entendez le fantôme de Brel chanter "avec", alors vous entendrez aussi la voix de Jean-Michel Javaux répondre la même chose à la question "Groen, avec ou sans ?" "Avec"... Trente ans de travail en famille écologiste, ça semble se mériter tous les jours et surtout, être prioritaire. Mais voilà, comme on dit en jargon de com' politique : "Elio Di Rupo a la main". Il en a même deux, mais qu'en faire ?

    Les divergences entre les négociateurs sont "abyssales". Ce n'est pas moi qui le dit mais Jean-Michel Javaux et Sarah Turine, dans une lettre électronique aux membres et sympathisants Ecolo. Ils y précisent que le préformateur prend quelques jours pour préparer un "non paper". Un "non-papier", un "non-document", comme Joëlle Milquet prenait plaisir qualifier un certain document de 2007, histoire de dire qu'il n'était pas censé exister. Un "non paper"... Et pourtant, "verba volant, scripta manent", niet waar Bart ? Les paroles s'envolent, les écrits restent, alors quand est-ce qu'on bétonne une grande réforme de l'Etat ? Un grand accord sur BHV ? Ou au moins, un gouvernement juste pour bosser ? C'est si compliqué.

    Elio Di Rupo ne fournit pas de précision sur ses contacts bilatéraux. Il garde le secret car il connaît la profondeur des abysses entre le système fédéral modernisé "éliocentrique"  et la grande révolution copernicienne "peetersienne". Pour rendre les deux compatibles, les francophones risquent d'être contraints soit à renoncer à certains postulats préélectoraux - "on ne touchera pas à..." - et à expliquer cela à leurs électeurs, soit à assumer la coresponsabilité d'une crise de régime. Il n'y a pas de plan B. Encore faut-il se préparer, au nom du sens de l'Etat, à devoir reconnaître que le plan A était intenable, quitte à laisser le MR se refaire une santé, seul sur le confortable terrain de la "défense des francophones".

    Johanne Montay

    Faire un commentaire

    • Merci de respecter la charte des commentaires,
      sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
    • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
  • RTBF
    « previous

    RTBF

    RTBF
    next
    • RTBF

      RTBF